J’intervenais cette semaine dans le cadre de la formation Business School Acquisition (BSA) de Jean-Pierre Nadir, dédiée à la reprise d’entreprise (plutôt tradi).
Et si on a évidemment passé pas mal de temps sur le sujet de la lecture d’un bilan “physique vs digital”, et à explorer les angles mort de la reprise numérique, nous sommes tout de même arrivé à une conclusion qui rencontre un parfait timing vues les actualités de la semaine…
La complémentarité évidente entre le digital et le physique.
Ce n’est pas pour rien que depuis plusieurs mois, j’ai décidé d’aller à la rencontre de nos partenaires, prospects et clients avec Dotmarket IRL. Et ce n’est pas anodin que rien que cette semaine :
Télégramme rachète un hôtel 4 étoiles à Saint-Malo entre autres pour des événements,
Unify Group (qui réunit Reworld Media, entre autres) s’offre des salons physiques pour “rapprocher média et présentiel”,
Banijay Gaming, opérateur digital, acquiert JOA et ses 33 casinos terrestres (en prévision d’un loi n’autorisant que les groupes avec des casinos physiques à avoir un casino en ligne ??).
Trois secteurs différents, mais une seule conviction commune : le digital pur ne suffit plus, ou plutôt, il se renforce quand il touche quelque chose de physique, un lieu, une expérience, une présence réelle.
Le reste de l’actualité en résumé est juste en dessous.
Kévin.
Banijay rachète JOA et change les règles du jeu du casino en ligne français.
Banijay Gaming s’engage à acquérir JOA, 2e opérateur de casinos physiques en France, auprès de Blackstone et Kings Park Capital, pour un montant non encore communiqué. JOA représente 33 casinos, 430 millions d’euros de CA brut en 2025 et 4,6 millions de visiteurs annuels. La logique affichée est omnicanale, associer la puissance digitale de Betclic à un réseau physique national. Mais le vrai sujet est réglementaire : en devenant actionnaire d’un opérateur terrestre majeur, Banijay se place en première ligne du débat sur la légalisation du casino en ligne, un marché actuellement fermé en France et aujourd’hui capté par des opérateurs illégaux. [Lien]
Unify Group rachète SPAS Organisation pour créer des passerelles entre ses médias et ses salons physiques.
Un groupe qui possède Reworld Media et des actifs digitaux significatifs décide d’acheter une vingtaine de salons physiques bien-être, avec Natexpo ou Marjolaine en tête de liste. CA cible : 9 millions d’euros. La logique est ici aussi passionnante : les audiences digitales d’Unify deviennent le carburant des événements physiques, et les salons génèrent de la donnée et de la communauté que les médias seuls ne savent pas créer. C’est du cross-canal au sens littéral, et c’est là que se construisent les marques durables selon moi. [Lien]
Groupe Télégramme rachète l’hôtel Le Grand Bé à Saint-Malo (montant non communiqué) .
Légèrement moins “évident”, mais un groupe de médias et d’événementiel qui intègre un actif hôtelier 4 étoiles pour accélérer son offre de tourisme d’affaires et de séminaires, dans un lieu où son rôle d’organisateur de la route du Rhum ouvre beaucoup de portes et de besoins, ça éveille des réflexions ! [Lien]
Criteo ciblé par Vista Equity et Quinti Capital dans une OPA non sollicitée à plus d’1 milliard d’euros. Le prix offert serait 50 % au-dessus du cours récent ! Criteo génère 1,66 milliard d’euros de CA et 130 millions de résultat net, et vient de devenir le premier partenaire adtech de ChatGPT dans son projet pilote publicitaire. C’est probablement cette dernière brique qui a déclenché l’appétit américain : quand une société devient une porte d’entrée sur la publicité IA, elle cesse d’être une adtech traditionnelle. [Lien]
Forbes France continue de chercher un repreneur après le retrait de licence de Dominique Busso. Un trio d’entrepreneures issues d’Iliad, Prisma Media et LinkedIn serait en discussion avec la maison mère américaine, ainsi que le groupe Influencia. Forbes US exigerait environ 10 % du CA avec un minimum garanti. [Lien]
HomeExchange, leader mondial de l’échange de maisons, s’apprête à boucler son premier LBO. Trois fonds au moins seraient sur les rangs pour accompagner Emmanuel Arnaud et Charles-Edouard Girard. Le timing est intéressant : une plateforme communautaire à fort ancrage international, sur un marché de l’hébergement alternatif qui a prouvé sa résilience, entre enfin dans une logique de structuration financière. [Lien]
Aosom rachète la marque Alinéa et ses droits d’exploitation : un pure player e-commerce spécialisé dans l’ameublement reprend une marque à forte notoriété grand public, pari sur la valeur immatérielle d’une enseigne qui a marqué plusieurs générations même si son modèle opérationnel était à bout de souffle. [Lien]
ReCom rejoint MV Group : 12 ans, 50 collaborateurs, spécialiste de l’externalisation commerciale BtoB, qui s’adosse à un groupe pour passer à la vitesse supérieure sans changer de métier ni de direction. [Lien]
Constellation Software (via Volaris Group) rachète Ivès, éditeur grenoblois de logiciels de communication pour sourds et malentendants, plus de 10 millions d’euros de CA, 100 personnes : le consolidateur canadien continue méthodiquement son expansion sur des verticales SaaS spécialisées en France, après Eloquant l’an dernier. [Lien]
Elements (SaaS Atlassian, 15-20M€ de CA,) rejoint l’allemand Elevatic pour co-construire un leader européen des applications marketplace Atlassian : consolidation logique dans un écosystème en phase de structuration rapide autour d’une dizaine de grands partenaires. [Lien]
Monext (filiale Arkéa, 100M€ de CA) rachète Alcinéo, fintech provençale spécialisée dans les logiciels de paiement embarqués, 400K€ de résultat net en 2024 : acquisition d’une brique technologique rare pour couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur du paiement électronique. [Lien]
Rocapine rachète les actifs d’Unchaind (500K+ téléchargements, plus d’1M$ ARR) quelques semaines après sa levée de 8,5M€ : un éditeur d’apps de bien-être qui consolide ses propres co-développements pour accélérer sur la verticale des addictions comportementales, avec une extension vers l’alcool et la cigarette prévue. [Lien]
Wing (SaaS logistique e-commerce, 18M€ de CA, 15-20% d’Ebitda) rejoint l’italien Fortidia (1,4Md€ de revenus, BC Partners) via un deal à 60-70% avec clause de rachat total sous trois ans : rentabilité rare dans un secteur à marges comprimées, et adossement à un groupe qui maîtrise déjà l’écosystème e-commerce européen. [Lien]
A la semaine prochaine !
PS : nos équipes restent mobilisées durant tout l’été, pas de fermeture prévue, mais attendez-vous cependant à des délais légèrement plus longs de réponses sur certaines périodes en fonction des vacances. Merci pour votre compréhension !

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