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Désirer l'infini · Mar 12, 2026

La tendresse c’est politique…

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Chloé Sasias · Désirer l'infini

On a trop galvaudé le terme de bienveillance. On a théorisé l’empathie. Moi je propose qu’on politise la tendresse. Selon Wikipédia, la tendresse est une forme d’affection, de sensibilité et de considération bienveillante à l’égard d’un autre sans qu’il existe d’élément de contrainte que la passion ou le désir pourrait susciter. Elle s’exprime dans les gestes, le toucher, la douceur, la délicatesse, l’attention portée aux besoins d’autrui, le regard, la voix, et constitue une forme de respect de l’autre. La tendresse permet de créer une relation d’affection, qui peut aller de la relation d’amitié à la relation amoureuse. Il est à noter qu’elle n’implique pourtant pas nécessairement de désir sensuel, attendu qu’elle peut être l’élément clé d’une relation familiale. À notre époque, pourquoi s’en faire ? Alors qu’il y’a justement mille et une raisons de s’en faire (les guerres, la crise, le réchauffement climatique et j’en passe), je choisis de chérir mes liens en local et de faire attention aux autres. Commencer par faire la tendresse autour de soi, dans ses mots, dans ses conversations, dans ses gestes, dans sa voix. Et si c’était politique, tout ça ? La violence est tellement là tout le temps, en politique et dans les médias, qu’on en vient à ne plus savoir vivre sans. Je continue d’écouter les infos, certains s’en protègent. C’est pour cela qu’on a plutôt à gagner à utiliser des smileys et à faire des bisous. Oui, vous allez me dire, c’est un peu logique. Mais je ne parle pas seulement de la sphère privée, il s’agit aussi des relations plus larges et loin, je pense qu’il est important de se traiter avec tendresse et douceur. Aimer ses clients, aimer ses voisins, aimer les gens dans le métro. Je n’ai pas sombré dans le pays des bisounours ni vrillé dans la niaiserie. Je parle sérieusement. Nous sommes entourés par les guerres et c’est pas pour ça qu’il faut être nécessairement en guerre les uns contre les autres. La tentation est forte de s’en foutre, ou de négliger la tendresse. Alors moi, je m’accroche à un beau sourire, à un ton de voix chaleureux ou à un émoticon charmant. La tendresse apparait comme un sujet majeur qu’on a négligemment relégué au mode mineur. Cette qualité intermédiaire, « entre l’amour égoïste (charnel) et altruiste (charitable), et entre l’acte intentionnel (caresse) et la nature propre (vulnérabilité) », comme le dit Guillaume Von Der Weid, Professeur de philosophie en parlant de santé mentale de façon générale. Nous ne sommes pas à l’hôpital ni en prison, mais j’ose imaginer qu’une douce main, quand on est enfermé, peut être d’un grand réconfort. Et vous, quel est votre rapport à la tendresse ? Voudriez-vous la voir davantage ? Vous êtes-vous habitués à la violence ?

Mélina Riccio dite Carmela Riccio qui tapisse les villes de poèmes célébrant la fraternité, l’amour et la nature.

“Caviarder” signifie Supprimer (un passage) dans un texte. Le livre « A humument, a threated victorian novel » de Tom Phillips est un chef-d’œuvre graphique. Il est écrit en anglais, mais cela n’a pas grande importance tellement les images sont toutes intéressantes, comme si on rentrait dans un labyrinthe mêlant mots et images, une histoire à chaque visuel. Comme l’entrée dans un nouveau monde…

  • Prenez un livre trouvé dans une boîte à livres, que de préférence, vous n’avez pas envie de lire.

  • Equipez vous d’un marqueur ou d’un feutre noir épais.

  • Surlignez en noir tous les mots que vous ne voulez plus

  • Le reste forme un poème

  • Amusez-vous à recomposer un poème par la sélection

  • Vous pouvez commencer aussi par entourer les mots que vous voulez garder et procéder dans l’autre sens

Ou comment les questions existentielles habitent aussi les enfants avec fraîcheur et curiosité. J’ai trouvé ce livre, je ne sais plus où et je le trouve super dans son ouverture d’esprit qu’on perd souvent un peu une fois adultes. Tomi Ungerer répond aux questions en mots et en images d’une façon très nuancée sans prendre les enfants pour des imbéciles, avec humour s’il-vous-plaît. Je vous propose donc de vous poser des questions comme Emilie, 5 ans ou Samuel, 4 ans. Certaines restent sans réponse, laissent perplexe, font rire. En tous cas, la vérité sort de la bouche des enfants qui nous invitent à remettre en perspective les choses en toute candeur.

« Qu’est-ce qu’on gagne quand on a gagné la guerre ? Eric, 7 ans

Pourquoi y’a-t-il de l’argent ? Ceyda, 10 ans

Dieu est-il un homme ou une femme ? Martin, 9 ans

Lorsque maman se fâche, elle me dit souvent ; « il n’y a pas de « mais » ! » Mais moi, je crois que cela existe, le « mais », dans la vie. Alors ? Marco, 5 ans

Pourquoi certains matins on est de bonne humeur et pas d’autres fois ? Ludovic, 11 ans

Pourquoi les grands disent toujours qu’ils n’ont pas le temps ? Lucia, 9 ans

Pourquoi les adultes fument ? ils savent bien que ça fait du mal… Emilie, 10 ans

Comment sait-on si quelqu’un nous aime ? Emma, 6 ans

Qui a créé Dieu ? Georgio, 6 ans et demi

Est-ce que c’est intéressant de mourir ? Giovanni, 4 ans

Pourquoi, dans le monde, y’a-t-il tout ce dont nous avons besoin ? Jessica, 8 ans

Pourquoi se pose-t-on toujours des questions ? Matteo, 7 ans

Pourquoi faut-il mettre les choses à l’endroit ? Valentine, 3 ans

Comment on apprend à être papa ? Simon, 6 ans

Pourquoi l’eau coule ? Sean, 6 ans

On dit que chaque être vivant sert à quelque chose. Et nous ? Nina, 12 ans

Serait-il possible que je ne fasse que rêver ma vie ? Ada, 6 ans

Pourquoi sommes-nous tous différents ? Joanna, 8 ans

On marche avec les pieds, mais on pense avec quoi ? Julia, 3 ans

Qu’est-ce qu’il y’a au-delà de l’infini ? Raphaël, 8 ans

Pourquoi 2+2=4 ? Joe, 6 ans

Quand je suis avec Julie, j’ai pas envie d’être avec elle, et quand elle n’est pas là, j’ai envie de la voir. Que faire ? Emma, 5 ans

Pour les parents, on sera toujours des enfants ? Rebecca, 9 ans

Comment sait-on qu’on aime ? Lulu, 10 ans

Pourquoi certains humains ne partagent-ils pas leur argent ? Pauline, 9 ans

Pourquoi on trouve l’amour si important ? C’est très exagéré, non ? » Bahar, 12 ans

Je vous laisse méditer sur ces bonnes paroles… Bonne semaine à vous ! N’hésitez pas à m’écrire par mail à chloesasias@yahoo.fr

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Read the original on desirerlinfini.substack.com

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