Nous publions tous pour diverses raisons qui nous sont plus ou moins propres. Mais nous en avons au moins une en commun : être visible.
Photo : Ruby Schmank
Ce que nous publions, d’autres l’ont probablement déjà publié aussi. Mais avec leur voix à eux. Lorsque nous mettons notre travail en ligne, nous diffusons notre voix et nous souhaitons qu’elle soit reconnaissable. Si nous ne voulions pas être visibles, nos écrits resteraient au fond d’un tiroir.
C’est confortable le fond du tiroir. Pas de piratage, pas de plagiat, pas d’exploitation sans notre autorisation, pas de pillage par l’IA.
Or, nous faisons forcément le choix d’un médium en particulier pour être publié.
Car il devient vite évident que nous ne pouvons pas nous disperser. En outre, si nous publions la même chose au même moment sur plusieurs médias différents, les robots d’indexation vont détecter un plagiat. Et sans moyen de déterminer la publication canonique, la publication originale, la totalité des occurrences sera pénalisée dans les moteurs de recherche.
Même sans pousser la réflexion très loin, on fait le choix d’une plateforme.
Avant, nous pouvions le faire à l’instinct. Pour l’anecdote, il ne m’a fallut que 5 minutes pour rejeter Wattpad et Medium en 2018, sans même avoir tenté d’y publier. De même qu’il ne m’a fallu qu’une participation aux “Auteurs Confinés” lancé par Bernard Zirnhelt pour adopter définitivement Panodyssey.
Cela aurait pu être Substack si j’avais préféré les infolettres aux étagères bien rangées d’une bibliothèque.
Et cela peut très bien être les deux, grâce à une stratégie éditoriale simple qui permet de publier la même œuvre sans impact sur le SEO.
Comme je le disais dans ma note Substack du 23 avril, pour un auteur il n’y a pas de guerre des plateformes. Mais la question est d’aller chercher le lecteur où il est. Gabriel Dax est un bel exemple d’une stratégie multi-plateformes efficace et réussie.
De mon côté, je n’accepte pas d’accorder une licence illimitée et sous-licenciable sur tout ce que je publie. Notamment quand cela peut-être sous-licenciable à des IA, sans que je n’ai mon mot à dire. Voir ma note Substack du 30 mai.
Mais aujourd’hui, le choix d’une plateforme amène une question bien plus profonde et directement liée au besoin de visibilité :
Car oui, tant que le pillage silencieux opéré par les IA perdure, publier un texte ne garantit plus d’exister. Demain, aujourd’hui déjà, votre voix est diluée dans les contrefaçons IA sans possibilité de l’identifier.
Alexandre Leforestier, démontre très bien ce glissement et la fracture qui s’opère. Je vous recommande la lecture de son article Panodyssey du 13 juin : Et si vos textes redevenaient visibles à l’ère de l’IA ?
Je ne résiste pas à l’envie de citer ici le point essentiel à retenir : “Dans les années qui viennent, une fracture va se créer entre ceux dont les textes existent encore comme des œuvres identifiées, et ceux dont les textes auront été absorbés dans un flux indistinct de contenus.”
Et je vous le donne en mille. Actuellement, votre meilleure chance que vos textes existent encore comme des œuvres identifiées, vous ne l’avez peut-être pas encore saisie. Entrer dans une économie de la preuve se fait brique après brique et n’est possible qu’avec le concours de la plateforme où nous publions.
C’est une question de volonté avant d’être une question de moyens.
Alexandre est sympa. Dans la série “Vos textes à l’ère de l’IA”, il vous donne tous les éléments pour vous permettre d’entrer dans l’économie de la preuve.
Je vous invite à lire attentivement les 3 articles qui la compose :
Vos textes publiés en ligne nourrissent déjà des IA. Et personne ne vous a demandé votre avis
Deux outils. Deux protections. Une architecture européenne pour vos textes à l’ère de l’IA.
Écrire, c’est laisser une trace : encore faut-il qu’elle vous appartienne et qu’elle soit trouvée !
Pour résumer, le système de licence sous-licenciable de Substack n’est pas du tout à l’avantage de l’auteur. De son côté, Panodyssey propose un outil essentiel à la protection de l’auteur face au pillage opéré par les IA : La Notice de Transparence IA dont vous avez peut-être déjà entendu parlé.
C’est la surface visible d’une architecture dont la granularité relève carrément de l’orfèvrerie. Après une expérimentation grandeur nature opérée sous la Notice V1, la Notice V2 se révèle comme un outil normé, parfaitement lisible par les machines et auditable.
Tout le monde pourrait en faire autant, avec une longueur de retard, puisqu’il ne s’agit que d’appliquer des normes existantes en termes de langage machine et de propriété intellectuelle. Cependant, Panodyssey dispose d’un atout majeur. Cet atout réside dans son système de certification des comptes, dès le premier compte créé en 2019. Car à quoi bon vouloir défendre le droit d’auteur si l’on n’est pas capable de designer l’auteur sans se tromper ?
Et quand on parle de certification, on ne parle pas du choix discutable d’un certain réseau social européen qui se décharge de sa responsabilité juridique sur un prestataire douteux installé en dehors de l’UE. Panodyssey certifie vraiment en interne et “à la main”.
Personnellement, je n’ai jamais vu un tel niveau d’engagement d’une plateforme envers les intérêts de ses auteurs. C’est l’esprit de l’éditeur d’antan allié à la souplesse de la plateforme numérique d’aujourd’hui.
D’ailleurs, je m’interroge sur le choix très discutable de Substack en terme de licences. Cela me fait penser à ceux qui arrachent les pages de livres anciens pour les numériser avant de les détruire. (Oui, il y a des gens qui font ça… et à grande échelle, en plus.)
Photo : Sébastien Lavalaye
En acceptant l’idée de protéger votre œuvre, de construire du solide plutôt que d’alimenter le flux du robinet, vous avez déjà fait le plus gros du chemin.
Mais vous ne voulez pas abandonner la communauté que vous avez développé, peut-être depuis de longues années. On revient donc à ce que je disais plus haut. Vous pouvez très bien publier sur les deux plateformes et y construire deux communautés aussi formidable l’une que l’autre.
Prenez l’exemple de Gabriel Dax et de Line Marsan. Tous deux publient à la fois sur Panodyssey et sur Substack. Ils vont là où sont leurs lecteurs. Car le lecteur se contrefout des notions de droit d’auteur et de licence sous-licenciable. Il veut juste lire là où il a ses habitudes.
Gabriel Dax, vous partage la stratégie optimale de publication multi-plateforme dans “On m’a vu dans le Vercors…” Cela répond à la fois à la problématique de la protection optimale avec preuve d’antériorité et à celle du référencement dans le cas d’une publication en doublon.
L’accès à la publication est lié à un abonnement. Mais croyez-moi, ce sont 5 euros bien investis. Et ça reste sympa comme démarche. Je connais des gens qui l’auraient gardé pour eux.
De mon côté, je n’ai pas de communauté sur Substack. Subséquemment (oui, je n’ai pas résisté), je ne perd rien à décréter que pour me lire il faudra le faire sur Panodyssey. Cependant, la porte n’est pas fermée. Je suis ouvert à publier une œuvre majeure sur Substack, le jour où il s’achèteront une éthique.
Soyez exigeants avec vos prestataires et le web deviendra meilleurs.
L’été, c’est la saison des concours sur Panodyssey.
Justement, cette année le concours “Chat Sans Frontières“ met tout particulièrement à l’honneur la notice et son amusante clause du chat.
C’est bien la première fois que je vois un concours articulé autour de la promotion du droit d’auteur.
Retrouvez les détails ici : Concours Chat Sans Frontières

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