Édition 23 du 13/08/26
Salut, c’est Pierre.
Ces derniers jours, j’ai épluché des agréments, des textes de loi et beaucoup de petites lignes.
Pas la partie la plus excitante de la crypto. Mais une question revenait sans cesse :
Une plateforme crypto peut-elle devenir une véritable banque ?
Une banque garde vos euros. Une plateforme échange vos cryptos. Du moins, c’était la frontière.
Aujourd’hui, les deux proposent des cartes, des paiements, des rendements et parfois même un IBAN.
À l’écran, elles se ressemblent. Dans les faits, la différence reste essentielle.
Et derrière chaque solde affiché, une seule question compte vraiment.
Qui vous doit cet argent ?
📌 Le programme de la semaine
Au menu :
📡 Revolut devient une banque française… mais pas encore la vôtre
📺 Pourquoi je quitte Ledger…
🔍 Ce qui distingue réellement une banque d’une plateforme crypto
🧠 COP ouvre à ses premiers bêta-testeurs samedi
Revolut vient de franchir la frontière.
Le 10 août, Revolut Bank S.A. a obtenu une licence bancaire complète en France. Elle pourra recevoir des dépôts et accorder des crédits pour son propre compte.
Mais vos comptes n’y sont pas encore.
Pour le moment, les clients français restent rattachés à la succursale de la banque lituanienne du groupe. La migration sera progressive.
Cette nuance change pourtant l’identité de la banque qui vous doit votre argent et le système qui garantit vos dépôts.
Vous vous demandez peut-être ce que Revolut vient faire dans une réflexion sur les plateformes crypto.
Pour moi, c’est justement le meilleur exemple de la frontière qui disparaît.
Revolut a longtemps été perçue comme une simple néobanque : une application pratique, mais pas encore placée au même niveau qu’un Crédit Agricole ou une BNP Paribas.
Elle disposait pourtant déjà d’une licence bancaire en Lituanie. Avec cette nouvelle entité agréée en France, elle franchit une étape supplémentaire : elle construit désormais une présence bancaire locale capable, à terme, de recevoir des dépôts et d’accorder des crédits.
Dans la même application, Revolut permet également d’acheter, de vendre et, pour certains actifs, de retirer des cryptos.
Banque et plateforme crypto ne sont déjà plus deux univers complètement séparés.
Pendant ce temps, un autre mouvement accélère.
Le 4 août, BlackRock a lancé douze classes de parts tokenisées sur six fonds monétaires européens totalisant 311 milliards de dollars d’encours.
Cela ne signifie pas que 311 milliards ont été tokenisés. Seules ces nouvelles classes peuvent circuler sur Ethereum, via l’infrastructure Kinexys de JPMorgan (partenariat). Elles restent réservées aux investisseurs éligibles. La France fait partie des marchés de distribution.
La finance traditionnelle ne regarde plus la blockchain de loin car elle a déjà commencé à installer ses produits dessus.
Sources : Revolut, licence bancaire française · BlackRock, communiqué du 4 août 2026
Pourquoi je quitte Ledger… sans vraiment l’abandonner
Un Ledger protège efficacement votre clé.
Mais si une seule validation suffit à déplacer tous vos fonds, le risque reste concentré au même endroit.
Cette semaine, je vous montre comment j’ai utilisé Safe pour imposer deux validations, avec le tutoriel complet et les limites de cette configuration.
Depuis le 1er juillet, les plateformes sans agrément MiCA ne peuvent plus opérer légalement en Europe. Si votre compte est concerné, anticipez : les retraits restent ouverts sur Binance.
Bybit EU fait partie des alternatives régulées : agréé en Autriche, accessible en France via son passeport européen et avec des frais proches de ceux de Binance. La plateforme propose également du staking en partenariat avec Meria.
J’ai classé Bybit EU 2ème sur 12 dans mon comparatif d’août 2026. Profitez de l’offre ci-dessous jusqu’au 31/08/2026.
🎥 Je vous explique tout pas à pas dans ce tutoriel vidéo
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Ouvrez votre application bancaire ou crypto. Vous voyez 1 000 euros, peut-être une carte et un rendement.
Posez-vous cette question :
Qui vous doit cet argent ?
Quatre soldes identiques peuvent cacher quatre réalités :
un dépôt bancaire, par exemple les euros placés sur un compte BNP Paribas
de la monnaie électronique, comme un solde en euros détenu sur PayPal, émise par un établissement spécialisé
un stablecoin, comme l’USDC, remboursable selon les conditions de Circle
une part de fonds monétaire, adossée à un portefeuille de titres à court terme
Même chiffre à l’écran. Pas le même débiteur. Pas la même protection.
Une banque reçoit des dépôts, puis utilise son bilan pour accorder des crédits. Elle doit gérer les retraits, les défauts, les taux et les pertes.
La vraie frontière est là : la responsabilité du bilan.
Les précédents dans la crypto sont révélateurs.
Le groupe Kraken contrôle une banque spéciale du Wyoming depuis 2020. Elle doit conserver 100 % des dépôts en monnaie traditionnelle sous forme d’actifs liquides et ne peut pas les prêter.
C’est juridiquement une banque. Économiquement, elle fonctionne surtout comme un coffre réglementé.
Coinbase a obtenu en avril une approbation conditionnelle pour créer une banque fiduciaire fédérale. Mais elle ne collectera pas les dépôts bancaires du grand public et ne pratiquera pas la réserve fractionnaire.
Concrètement, elle ne compte pas utiliser l’argent déposé par ses clients pour accorder des crédits, comme le fait une banque traditionnelle.
Coinbase cherche surtout à encadrer la conservation, les paiements et le règlement d’actifs numériques. Pas à reproduire l’ensemble du modèle bancaire.
Oui, une plateforme crypto peut créer ou acquérir une banque. Mais elle n’a pas forcément intérêt à adopter tout le modèle bancaire.
C’est désormais le cœur du débat américain sur les stablecoins.
Le GENIUS Act a interdit aux émetteurs de rémunérer directement la simple détention de leurs stablecoins. Le CLARITY Act doit maintenant encadrer les plateformes : pas de rendement imitant un dépôt bancaire, mais certaines récompenses liées à une véritable activité.
Les banques jugent ces exceptions trop larges. Elles craignent que leurs dépôts migrent vers des soldes numériques mieux rémunérés.
Mais Washington temporise.
Le 7 août, John Thune, chef de la majorité républicaine au Sénat, a engagé la procédure permettant d’examiner le texte.
Un vote procédural aura lieu le 15 septembre. Il faudra 60 voix pour ouvrir le débat, alors que les républicains n’en détiennent que 53.
Ce ne sera donc pas encore le vote final du CLARITY Act.
Et derrière cette bataille réglementaire, il y a surtout une question d’argent.
Coinbase a généré 1,35 milliard de dollars grâce aux stablecoins en 2025. Pour certains clients éligibles, elle affiche jusqu’à 3,50 % par an sur l’USDC.
Sur le papier, c’est séduisant. Mais ce rendement n’a rien à voir avec celui d’un Livret A : vous dépendez du dollar, de Circle et de Coinbase. Et votre solde ne bénéficie pas de la garantie des dépôts.
Sources : Coinbase, approbation OCC · Wyoming, régime SPDI · Projet CLARITY Act, section 404 · Coinbase, comptes 2025
Je suis maintenant dans la dernière ligne droite.
Ce samedi 15 août, un premier petit groupe découvrira la bêta de COP : Construire, Optimiser, Protéger.
J’ai conçu COP pour un problème simple : beaucoup d’investisseurs détiennent des cryptos sans avoir écrit les règles qui doivent guider leurs décisions.
En quelques mots, ma méthode COP, c’est la rigueur de la gestion de patrimoine appliquée à l’investissement crypto.
L’objectif : construire une stratégie personnelle et applicable pour :
définir la place de la crypto dans votre patrimoine ;
choisir le rôle et le poids de chaque actif ;
analyser un projet avant de décider s’il mérite une place dans votre portefeuille ;
encadrer vos achats, vos prises de profits et votre protection ;
éviter que vos émotions reprennent le contrôle.
Chaque étape alimente votre Dossier COP. L’IA joue le contradicteur : elle ne décide pas à votre place, mais cherche les incohérences et les angles morts.
Les bêta-testeurs vont confronter cette première version à la réalité. Leurs retours me permettront de la simplifier et d’améliorer l’accompagnement.
En échange, ils bénéficieront d’un tarif fondateur inférieur de plus de 50 % au futur prix public.
Si vous avez une question, répondez simplement à cet e-mail.
👉 Rejoindre la liste prioritaire COP
Je vais vous dire où je penche.
Les grandes plateformes privilégient aujourd’hui les activités qui mobilisent peu de capital : paiements, conversion, conservation et distribution de produits.
Elles évitent plus volontiers celles qui engagent directement leur bilan : collecte de dépôts, crédit, gestion de la liquidité et absorption des pertes.
C’est une stratégie, pas une faiblesse.
Le scénario le plus probable n’est donc pas que Coinbase devienne un concurrent direct de BNP Paribas.
C’est l’apparition d’une application unique réunissant plusieurs briques : compte bancaire, monnaie électronique, cryptos, actions tokenisées, courtage et conservation.
Vous verrez une seule interface.
Derrière, le régulateur verra plusieurs entités, plusieurs débiteurs et plusieurs niveaux de protection.
Les interfaces crypto se rapprochent des banques. Dans le même temps, les banques adoptent les infrastructures de la blockchain.
Une bataille commence pour contrôler l’interface depuis laquelle nous gérerons demain l’ensemble de notre patrimoine.
Mais avant de chercher le meilleur rendement ou le service le plus pratique, une question restera essentielle :
Qui vous doit cet argent ?
Puis viendra la suivante :
Comment profiter de cette transformation sans en subir les nouveaux risques ?
Réduction des frais, actions tokenisées, cryptos utilisées en garantie, rendements on-chain, projets exposés à la tokenisation…
Je décortiquerai progressivement ces sujets dans les prochaines éditions et dans une nouvelle série de vidéos.
À bientôt et prenez soin de vos cryptos,
Pierre Chip - Crypto Smooth
📢 Avertissement : Cette newsletter est purement informative et ne constitue ni un conseil financier, fiscal, juridique ni une recommandation d’investissement. Je ne suis pas un conseiller financier agréé et ne garantis aucune performance. Les marchés financiers et cryptos comportent des risques de pertes. Faites toujours vos propres recherches (DYOR).

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