Chère communauté fêlée et lumineuse,
vous connaissez sans doute cette expression américaine : “il faut un village pour élever un enfant”. Une manière de dire que nous sommes tous pris dans un grand système, auquel nous contribuons chacun à notre manière.
Cette expression m’a été récemment rappelée par une amie rencontrée aux labos chansons d’Astaffort, sur les terres de Francis Cabrel, car elle a posté sur Facebook un très beau texte en mémoire de sa voisine, qui n’a pas pu continuer à vivre avec l’enfance qu’elle avait subi. Les pompiers l’ont emmenée, pendant que des voisins emmenaient son fils de 6 ans à l’école. Sur le chemin, il leur a dit : “je sais que Maman n’est plus là”. Il avait tout compris. Et Chris Taal, cette “slameuse au grand coeur”, a vu que le dernier post de sa voisine sur les réseaux sociaux était : “it’s take a village pour v*oler un enfant”.
Oui. It’s take a village pour sombrer dans l’horreur,
It takes a village pour rebâtir des liens humains
It takes a village pour relever les êtres humains et réapprendre le chemin de l’amour.
La question suivante est : de quel village voulons-nous faire partie ? Quelle place y prenons-nous chacun, dans quels liens ? Quelles façades construisons-nous, de quelles maisons, pour y vivre quoi dans l’intimité, pour proposer quoi pour nous retrouver, en vérité ?
Moi j’avoue que je suis un peu perdue dans tout cela. Reconstruire des liens en vérité sans se blesser mutuellement en étant parfois trop franc, parfois pas assez. Oser voir, sans être sidéré, oser bâtir, en sortant de la dissociation qui nous fait tout faire à fond, avec une force colossale mais sans coeur à l’intérieur. C’est vrai que sentir, c’est accepter de ressentir la douleur, mais c’est aussi ce qui permet d’accéder à la joie véritable. Alors oui, ça fait mal. Ce sont des “vagues”, comme dit ma thérapeute. Des vagues d’effroi et de tristesse, qui laissent place en suite à des vagues de joie avec des embruns libérateurs et rafraîchissants, ceux de la vérité qui rend libre.
Réapprendre le chemin de l’amour véritable. De l’amour en vérité. Comme un tout petit bébé. C’est mon chemin. Caillouteux, incertain, mais… je le vois bien ! C’est le seul chemin qui permette d’avancer, de construire pour de vrai, c’est-à-dire pas à pas, sur des fondations solides. Pas comme une jolie poivrière avec des fenêtres à meneaux sur l’aile gauche du château… de sable. Illusoire. Prêt à s’effondrer au premier coup de vent un peu violent.
Alors voilà derniers 100 mètres avant les 3 concerts à Paris. C’est demain. Je prends la route à la fraîche, le plus tôt possible, dans ma petite Dacia sans clim, j’ai opté pour le brumisateur !
J’ai réservé 3 dates dans cette toute petite salle privée en me disant ça va aller, je reprends très petit… presque en catimini. Je vais recommencer à oser parler.
Oui parce qu’avant, vous l’aurez noté, je ne pouvais parler que de sujets dont finalement je sentais que personne ne voulait en entendre parler. Alors je parlais “sans bruit”, comme je le dis dans ma chanson “la femme de ma vie” c’est-à-dire en écrivant. Ça fait moins mal aux lèvres, et aux oreilles. Et au moins ça se dit. Ça se libère.
Alors oui encore une fois merci d’être là et de lire tout ça… Même si c’est dans le désordre… Merci pour vos petits mots en retour qui me soutiennent, qui me disent “oui, moi aussi je suis là dans ce village”.
Il reste plein de places en fait, surtout pour le samedi. Nous avons tous tellement chaud, que je n’en reviens pas de n’avoir reçu presque aucun message pour me demander si les représentations seraient maintenues ou annulées. Et je vous le dis, allez, on y croit, on y va… Je me suis engagée, vis-à-vis de l’organisateur, vis-à-vis de vous… le paquebot est lancé, la chambre réservée… On y croit, on y va. J’ai vidé le rayon brumisateurs pour vous hydrater, vous qui aurez la force de venir !!!
Tout cela me rappelle une histoire…
Un jour, il y a eu un dégât des eaux au théâtre de la Contrrescarpe, et 10 minutes avant le lever du rideau, appel du directeur pour me dire : “Odile, à toi de choisir. Tu donnes la représentation ou on annule, en raison de ce problème d’eau qui coule sur les sièges des spectateurs.” C’était le soir ou l’équipe DSI d’Hermès venait voir si ce spectacle leur plairait ou pas pour leur noël d’entreprise !!! Hé bien vous me croirez ou pas… savez-vous ce que m’a dit ma petite voix ? “Molière est mort sur scène, Odile !” J’étais vraiment morte de rire en réalisant que c’était ça que j’avais pensé immédiatement !!! Non mais pour qui tu te prends ?! N’empêche que ça m’a aidée à prendre ma décision instantanément : non, je n’annule pas la représentation, on va trouver une solution ! Et la solution s’est trouvée… j’ai joué dans le bar d’à côté, avec la musique des verres cassés et des jurons du gars qui faisait la plonge… Et ce fut une représentation unique par la chaleur des liens tissés entre spectateurs. Bon. Ça va sans doute vous étonner : Hermès n’a pas signé ! Ouarf. Tant pis pour moi.
Mais pour vendredi, samedi et dimanche…
Je croyais que je devais vous avertir que ce serait tout petit, avec un nombre de places limité, mais en fait, ben… finalement il en reste, de la place, si vous voulez ! Notamment le samedi soir.
En revanche oui, il faut absolument réserver, car c’est une salle privée, et que pour respecter l’esprit du lieu et de son propriétaire, je ne peux mentionner l’adresse que sur le lien de réservation. Pour info, si cela peut vous rassurer, car je sais qu’à Paris vous devez souffrir beaucoup de ces grandes chaleurs, la salle est une très jolie cave voutée, et il y fait frais !
Mais voilà. Que vous soyez là ou pas, je jouerai avec joie ! Dussé-je jouer seule ; ) Ouarf. Mais non c’est pas drôle, mais si c’est drôle. J’ai tellement besoin de dire ce que j’ai à dire… je serais tellement heureuse que vous ayez la force et l’énergie pour venir jusqu’à cette très jolie petite salle pour vivre ce moment avec moi…
Oui, car je dois vous l’avouer : je je suis toujours étonnée, après mes répétitions, de me sentir presque en joie, même si les sujets que j’évoque dans mes chansons sont si terribles… la force de l’art et de son pouvoir tellement catharctique, lorsque les mots sont choisis, pour leur force, leur verticalité, dans l’esprit qui libère…
Merci immense à toutes les personnes du village ; ) qui pourront venir, qui seront là en pensée avec moi, avec nous… pour faire tant de villages qu’on rebâtit ensemble un monde nouveau, un monde d’amour, avec toutes nos blessures, et nos fêlures, et nos réparations à l’or fin… les japonais ont tout compris.
Je vous redonne le lien. Pour tisser des liens ; )
SECRETS SANS SUCRE, chansons qui font du lien, à Paris dans le 17e, métro Pont cardinet, ligne 14.
Vendredi 26 juin à 20h, samedi 27 à 19h et dimanche 28 juin à 18h.
Je vous envoie aussi beaucoup d’air iodé du Cotentin pour tous vos défis à chacun, chacune… pour toutes vos contributions au monde, pour l’inspiration, pour le souffle de VIE qui nous anime tous !
Voici le bouton pour réserver - avec l’adresse et tout et toutes les infos utiles.
Au plaisir de jouer pour vous, avec vous, et / ou par la pensée… Vive les villages !
Si vous voulez m’encourager, envoyez-moi un message !
Avec profondeur et légèreté,
Odisle, qui chante l’indicible, au féminin singulier, avec profondeur et légèreté. Pour aujourd’hui et pour les générations de demain. Et pour ce petit garçon de 6 ans, qui vient de perdre sa maman. Oui. Il me donne de l’élan. L’élan de croire, avec lui, malgré tout, en la force et la beauté de la VIE.
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