RSS Amplifier

L'Actu, ce truc de vieux · Jun 26, 2026

#26 L'info a un robinet

0
Sign in to vote or save

Lola Parra Craviotto · L'Actu, ce truc de vieux

Hola tout le monde !

¿Qué tal? Pas trop mal avec cette chaleur, j’espère… J’avoue que même pour une andalouse, 40 degrés à Paris c’est insoutenable. Pas de clim et les bâtiments sont franchement mal isolés contre la chaleur. Hier mes potes m’ont envoyé une photo à la plage : 27 degrés, “on suffoque” qu’ils disent…

Bref, voici les résultats de mon dernier sondage : À ton avis, c’est vrai, ça ? L’IA nous fait écrire moins bien ?

40 % Ah… oui, affirmatif !

60 % Nan, t’exagères, comme toujours.

Ok, ok… J’ai pigé : je la ferme. 🤐

Tu peux me suivre sur LinkedIn, Instagram et Bluesky, mais plus sur X. Au passage, L’Actu, ce truc de vieux, a son profil LinkedIn, Instagram et YouTube.

On peut se parler si tu cherches :

Et si ça te branche, tu peux soutenir cette newsletter (et donc mon travail ! 😉) ou même m’offrir un café. ☕

Venga, vamos al lío. Un petit café et on y va ! Et surtout, likez, commentez ! Vous m’envoyez toujours des messages privés : n’ayez pas peur de les rendre publics 🫶

  1. L’Actu de Lola

  2. Un truc de vieux

  3. Un truc de jeune

  4. Un truc orwellien

  5. Pendant ce temps, chez Elon

  6. Chez Zucky, c’est toujours le bordel

  7. Lire pour être moins bête

  8. Le gendarme de l’audiovisuel remonte les bretelles

  9. Quand Trump appuie sur OFF

  10. L’info Good Vibes

Pas mal de choses se sont passées depuis la dernière édition ! J’ai animé une formation de 3 jours d’Écriture journalistique pour le CFPJ. C’était chouette d’entendre mes stagiaires dire “ça fait du bien de réfléchir sans IA !” Je confirme : j’aurais pu leur apprendre à faire un titre avec ChatGPT, sauf que je suis convaincue qu’il faut d’abord savoir le faire à la main. Sinon, tu vas pas savoir s’il hallucine ou pas…

J’anime deux formations de 4 heures, en visio :

  • Structurer l’Angle : De l’Intuition à la Construction du Synopsis (3 juillet)

  • Optimiser les éléments d’accroche d’un article (reportée en septembre)

Fait rare, j’ai publié un nouvel épisode du podcast : #5 Sarkozy chez Legend : qui voulait-il convaincre ? Parce que parfois y’a des choses que je peux que te dire à l’oreille. Des choses pour lesquelles il faut du temps long et un expert comme Charles Haroche, auteur, enseignant en rhétorique, media trainer et fondateur de la newsletter Objection ! En moins de 24h, j’ai largement dépassé ma moyenne de téléchargements 🥹

Et… j’ai organisé un Tips & Piges - Devenir journaliste scientifique aujourd’hui. Pour ce live, j’ai invité Emilie Gillet, journaliste scientifique depuis +25 ans, autrice d’ouvrages sur la science et le monde animal, qui nous envoie chaque mois la newsletter de l’Association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI).

Que l’État réclame la mise en examen d’Ariane Lavrilleux pour appropriation et divulgation du secret de la Défense nationale et la censure des “Egypt Papers” est pour moi un truc de vieux… Je croyais, visiblement à tort, que tout ça était déjà derrière nous. Et puis, quoi de plus vieux que le pouvoir qui essaie de bâillonner la presse ? Le grand vs le petit. Si vieux qu’on retrouve déjà ce David contre Goliath dans la Bible.

Personne ne s’y attendait. Tiens, comme la condamnation de Sarkozy ! Du moins, d’après l’ancien président lui-même. Bref, petit flashback : le 21 novembre 2021, Disclose publie l’enquête “Egypt Papers”, qui documente une campagne d’exécutions arbitraires contre des civils en Égypte, avec la complicité de l’État français via l’opération Sirli. Le ministère des Armées dépose plainte, une instruction est ouverte en juillet 2022. En septembre 2023, Lavrilleux est perquisitionnée et placée en garde à vue. Elle obtient finalement un non-lieu le 9 octobre 2025, le juge estimant qu’il n’y avait pas lieu de la poursuivre. Jusqu’ici, pfiou !

Sauf que quelques jours plus tard, le parquet général fait appel. Puis, le 20 mai 2026, il va plus loin : il demande la réouverture de l’enquête, la mise en examen de Lavrilleux, la censure des articles ET du documentaire diffusé sur Complément d’enquête + la convocation des autres journalistes signataires.

Alors, ça ? Il y aurait des enjeux de conciliation entre liberté de la presse et secret de la Défense nationale. Attends… Je croyais justement que le rôle du quatrième pouvoir, c’était de titiller les autres (législatif, exécutif, judiciaire) et leur remonter les bretelles si besoin. J’ai raté quoi depuis la fac ?

D’autant que l’avocat de la journaliste, Christophe Bigot, a dénoncé un non-sens : pendant l’instruction, le parquet n’avait pas sollicité la mise en examen de Lavrilleux. RDV le 8 juillet. Là, on verra si le quatrième pouvoir a encore le droit d’exister.

On s’est battu pour obtenir, dès 2017, la mention “photographie retouchée” sur les clichés d’usage commercial. Là, c’est l’obligation de signaler certains contenus générés ou manipulés par IA qui entre en vigueur le 2 août 2026 en vertu de l’AI Act européen.

Ça vise notamment les contenus susceptibles de tromper sur leur authenticité, comme les deepfakes : des images ou vidéos générées par IA qui représentent de manière réaliste des personnes, des lieux ou des événements existants, au point de pouvoir passer pour vrais. Une publicité avec une célébrité générée par IA, un faux témoignage client ultra-réaliste…

À l’inverse, une illustration clairement fictive ou un univers imaginaire n’est en principe pas concerné dès lors qu’il n’y a pas de risque de confusion sur ce qui est montré.

L’enjeu ? Pas “IA ou pas IA”, mais le risque de tromper le public.

Petite reco : l’enquête de Valentine Faure publiée dans Le Monde. Dans Le déclin de la lecture face à l’avènement des écrans marque-t-il la fin de l’ère démocratique ?, elle déterre et enchaîne des citations incroyables qui laissent pourtant un arrière-goût amer :

« Orwell craignait ceux qui interdiraient les livres. Huxley redoutait qu’il n’y ait même plus besoin d’interdire les livres car plus personne n’aurait envie d’en lire. (…) [George] Orwell craignait qu’on nous cache la vérité. [Aldous] Huxley redoutait que la vérité ne soit noyée dans un océan d’insignifiance. » En 1985, un théoricien des médias américain du nom de Neil Postman publiait un essai retentissant intitulé Se distraire à en mourir (Fayard, 2011), dans lequel il dénonçait « le fait le plus significatif de la culture américaine de la deuxième moitié du XXe siècle : le déclin de l’âge de la typographie et l’essor de l’âge de la télévision ».

(…)

Dans une conférence donnée en 1935, « Le bilan de l’intelligence », le poète Paul Valéry exprimait ses « craintes assez sérieuses sur les destins de l’intelligence humaine » devant une crise de l’esprit : « L’homme moderne s’enivre de dissipation (…). Nous ne supportons plus la durée. Nous ne savons plus féconder l’ennui. » Le ton était déjà à la nostalgie. « Le courrier, ni le téléphone ne harcelaient Platon. L’heure du train ne pressait pas Virgile. Descartes s’oubliait à songer sur les quais d’Amsterdam.

Si t’es abonné·e au Monde (ou que tu connais quelqu’un qui l’est), fonce jeter un œil à cette pépite.

Seul bémol : ce n’est pas parce que la Gen Z lit moins que ses aîné·es qu’elle est moins bien informée. Cela dit, je suis d’accord sur un point : on vit dans une culture du divertissement. Se distraire un peu chaque jour, c’est sain, ça oxygène le cerveau (selon la distraction, évidemment). Mais à force, le divertissement risque de virer au « pain et jeux ».

Ola, ola ! Le patron de X est devenu le premier trillionaire de l’histoire grâce à SpaceX. C’est si rare que même le correcteur de Substack saute pour le souligner et me dire : attends, le mot trillionaire existe pas !!

Que s’est-il passé dans le portefeuille de Musk ? Ben… Le 12 juin, SpaceX a réalisé la plus grande IPO de l’histoire : elle a levé 75 milliards de dollars pour une valorisation de 1 750 milliards.

  • Prix d’ouverture : 150 dollars

  • Prix de clôture : 160,95 dollars

Pour moi c’est surtout la marque Elon qui a attiré les petits investisseurs. Comme s’ils se disaient : « Tout ce qu’il touche se transforme en or. » Mouais… Tout comme le DOGE, non ? Pour rappel, SpaceX vit des contrats avec le gouvernement américain. Voilà pourquoi Elon s’est calmé avec Trump. Et si l’administration change d’avis, va savoir où ira la valeur de toutes ces actions…

Le grand rêve d’Elon ? SpaceX rentre en bourse, entre autres, pour financer à long terme la colonisation de Mars. Je rappelle que les scientifiques qui étudient Mars comprennent pas pourquoi on voudrait y vivre : c’est pas de la vie, c’est de la survie.

Attends, parce que ça arrive sur les marchés dans une configuration inédite :

Y a des risques ? Avec Elon, toujours ! On l’a vu avec Tesla début 2025 : la moindre prise de parole et sa boîte peut prendre cher… Les analystes les plus prudents posent la question : comment une entreprise qui perd encore de l’argent peut-elle valoir 1 750 milliards ? Autrement dit : le prix mise déjà sur un futur en or. Et si ça se passe pas comme prévu… aïe.

Du jamais vu depuis 2009 : Bruxelles a dégainé une arme juridique vieille de 17 ans contre Meta. On rembobine :

En octobre 2025, Meta modifie les conditions de WhatsApp Business pour en exclure tous les assistants IA tiers. Il s’agit d’un changement entré en vigueur le 15 janvier 2026. On parle ici de l’API WhatsApp Business, l’interface technique pour les grandes entreprises. Les entreprises qui utilisaient ces outils tiers pour interagir avec leurs clients via WhatsApp se sont retrouvées sur le carreau. Trois ont déposé plainte : la française Agentik, l’américaine Poke.com et un concurrent espagnol. La Commission ouvre une enquête.

Entre l’épée et le mur, Zucky tente en mars 2026 un compromis : proposer un accès payant à son API pour les assistants tiers. Pas de bol : Bruxelles sort quand même un carton rouge.

Le 9 juin, la Commission européenne adopte une “mesure provisoire”, un outil juridique qu’elle n’avait plus utilisé depuis 2009. L’idée : intervenir en urgence quand un comportement risque de causer un préjudice grave et difficilement réversible. Meta avait jusqu’au 15 juin pour s’exécuter, sous peine d’une amende pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires mondial. Le groupe a annoncé son intention de faire appel.

Une plateforme dominante peut-elle verrouiller un marché adjacent au profit de ses propres produits ? Bruxelles répond : non. Ça me rappelle cette histoire des chargeurs, quand l’UE a forcé Apple à passer à l’USB-C pour éviter de noyer les consommateurs dans les adaptateurs. Perso, je remercie cette prise universelle à chaque fois que je vais en Espagne et que personne n’a d’iPhone…

Dans son dernier livre publié chez Grasset (coucou Bolloré 👋), l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal raconte sa détention en Algérie. Mais il en profite aussi pour régler ses comptes avec Gallimard. On rembobine.

Libéré en novembre après 361 jours de détention, l’écrivain rentre à Paris en expliquant avoir tout perdu : maison, bibliothèque, épargne, voiture, téléphone, compte bancaire... Antoine Gallimard lui met alors un appartement à disposition. C’est là que le différend commence.

Dans La Légende, Sansal remercie ceux qui l’ont soutenu et dresse la liste de « ceux qui m’ont poignardé ».

Dans ses interviews, il accuse Antoine Gallimard de l’avoir mis à la rue comme un SDF après lui avoir demandé de quitter l’appartement au bout de 3 mois. Il étrille aussi plusieurs médias, dont Le Monde.

Bon. Ce n’est pas vraiment un clash. Mais Gallimard a fini par sortir les griffes.

Dans un communiqué transmis à l’AFP le 11 juin, la maison répond point par point :

  • Sur le « SDF » : selon Gallimard, Sansal n’était ni SDF ni sans le sou lorsqu’il a quitté l’appartement. L’éditeur rappelle qu’il disposait de ses droits d’auteur, d’un versement complémentaire et des 200 000 euros du prix Cino Del Duca.

  • Sur la stratégie pendant sa détention : Gallimard affirme que c’est Sansal lui-même qui a privilégié la piste d’une grâce présidentielle plutôt qu’un pourvoi en cassation.

  • Pour la maison d’édition : « Boualem Sansal a fait ses choix, politiques, financiers et éditoriaux ».

  • Puis vient la formule qui pique : « L’addition des approximations et des ellipses ne fait pas une vérité. Mais elle édifie une légende. »

Bref, les ventes de La Légende peineraient à décoller : 17 000 exemplaires vendus, contre 100 000 en moins de sept jours pour Le Journal d’un prisonnier de Sarkozy.

Comme me le disait récemment l’écrivaine Laura Sibony : peut-être qu’il aurait fallu que Sansal sorte plutôt les couteaux chez Legend, le podcast de Guillaume Pley. Ah mais si… il y est passé, en fait.

Le 10 juin, l’Arcom a mis en demeure Radio France pour avoir diffusé l’essentiel du temps de parole du Rassemblement national (RN) entre minuit et 6 heures du matin sur France Inter et franceinfo. Je vais t’apprendre la vie : qui écoute les infos à ces horaires-là ? Et si en plus la période contrôlée couvre la campagne des municipales (janvier–mars 2026), bah… la répartition des temps de parole conditionne l’accès réel des partis aux électeurs.

Les chiffres :

  • Sur France Inter : près de 60 % du temps de parole accordé au RN entre minuit et 5h59 vs 9 % en journée.

  • Sur franceinfo, ça dépasse 70 % entre minuit et 5h59, voire 9,5 % en journée.

L’Arcom y voit un manquement aux règles du pluralisme politique. D’autant qu’elle avait déjà adressé des rappels à l’ordre à Radio France sur ce même sujet en octobre 2025, puis en février 2026.

Quelle réponse de Radio France ?

La faute à un bug du logiciel de suivi des temps de parole, déployé en janvier 2026, incapable dans un premier temps de distinguer correctement le jour et la nuit. Le groupe assure que c’est corrigé et que le RN décline souvent ses invitations.

Tiens, ça me fait penser ! Lors de l’élection présidentielle de 2002, les médias titraient unanimement au choc, au séisme, au coup de tonnerre après le premier tour… Aujourd’hui, c’est notre pain quotidien.

Des médias privés comme Mediapart ou Blast! refusent de tendre le micro au RN. Pourquoi ça passe ? Eux ne bénéficient pas d’une fréquence publique et ne sont pas soumis à une convention Arcom.

Bref, le 15 juin, l’Arcom a également épinglé CNews (coucou Bolloré x2 👋) pour “manquements manifestes, durables et intentionnels” au pluralisme, à la suite d’une saisine de Reporters sans frontières (RSF). Le régulateur pointe une hyperconcentration éditoriale : trois quarts des séquences expriment le même point de vue, les opinions divergentes étant isolées, voire dévalorisées. CNews a annoncé un recours au Conseil d’État.

CNews et Radio France sont dans la même situation : rappel à l’ordre, pas sanction. La différence, c’est le fond. RSF souligne d’ailleurs qu’il ne faut pas créer de “fausse symétrie” entre les deux décisions. Radio France a reconnu une erreur technique conjoncturelle, CNews est accusée de manquements “manifestes, durables et intentionnels”. Aussi (et ça, ce sont les commentaires que je vois défiler sur mon fil LinkedIn) quel intervenant de gauche ou de centre voudrait encore faire le tour des plateaux de CNews aujourd’hui ?

À moins d’un an de la présidentielle de 2027, c’est pas anodin.

Le 12 juin 2026, Anthropic reçoit une lettre du Département du Commerce américain. Le message est clair : suspendre ipso facto l’accès à Fable 5 et Mythos 5 pour tout ressortissant étranger, qu’il soit aux États-Unis ou à l’étranger. Là, je tombe de ma chaise : la directive vise aussi les employés non américains de l’entreprise. Et forcément, ça me parle : je suis Espagnole et je travaille en France.

Problème : Anthropic ne peut pas filtrer ses utilisateurs par nationalité en temps réel. Alors, les deux modèles sont coupés pour toute sa base mondiale, trois jours seulement après le lancement public de Fable 5.

On sait maintenant que c’est Andy Jassy, le CEO d’Amazon, qui aurait sonné l’alarme auprès de Washington. Attends, attends, Amazon n'est-il pas l'un des + gros investisseurs d’Anthropic (+13 milliards de dollars injectés) ? Ses chercheurs auraient réussi, à coups de prompts très ciblés, à pousser Fable 5 à révéler des informations exploitables dans une cyberattaque. Anthropic conteste : un jailbreak est “possible mais limité” et, surtout, trouvable sur d’autres modèles d’IA.

Et y a pas que ça… Selon Semafor, les États-Unis soupçonneraient un groupe chinois d’avoir eu accès à Mythos avant l’interdiction. Mmm… Là, un groupe qui a bien interrogé Mythos pourrait s’en servir pour entraîner ses propres modèles. En gros, copier les savoirs de Mythos, à moindre coût. Et ça, dans un contexte de course à l’IA entre les USA et la Chine.

Et bien sûr… on rembobine : Anthropic est en froid avec Washington depuis le début de l’année, dû au désaccord sur l’usage de ses modèles par le Pentagone (surveillance de masse, armes autonomes…). Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre aux États-Unis, a même désigné l’entreprise comme un “risque pour la chaîne d’approvisionnement nationale.” Et ça… Ça c’est une étiquette habituellement réservée à des sociétés liées à des puissances hostiles comme Huawei. Une juge fédérale a depuis bloqué cette désignation, y voyant des représailles illégales contre la liberté d’expression d’Anthropic.

Et ce non-sens : cette interdiction ne bloque pas que les potentiels hackers, mais les équipes qui utilisaient ces modèles pour se défendre. Ceux qui bossaient sur la cybersécurité se retrouvent avec les mains liées.

En Europe ? Ben… on réalise qu’on n’a aucun contrôle là-dessus. Un gouvernement étranger décide et le robinet se ferme. Plusieurs ministres appellent déjà à accélérer la souveraineté numérique. Pas de calendrier de rétablissement, pour l’instant.

Ça fait 20 ans que Google est le postier du Web : il distribue le courrier des autres sans être responsable du contenu de chaque lettre. Un résultat faux ? La responsabilité revient à celui qui a écrit la page, pas à celui qui la référence. En gros, un intermédiaire. Plutôt : il l’était.

Les AI Overviews (résumés IA en haut des résultats) fissurent ce bouclier.

En mai 2026, le Tribunal régional de Munich, en référé, estime que ce type de réponse générée peut être imputé à Google. Tiens ça ? Des AI Overviews ayant associé deux éditeurs à des arnaques sans que cela ne figure dans les sources citées. C’est plus un simple lien ou extrait : c’est une production synthétisée.

L’argument “les utilisateurs doivent vérifier” tient mal ici : si la réponse doit être systématiquement recoupée, sa promesse s’effondre. Or Google vend précisément cette promesse. À partir du moment où tu synthétises, reformules et réponds, tu te rapproches d’un rôle d’éditeur et tes responsabilités… changent. Après +15 ans dans la presse, je vois très bien le glissement, en tout cas.

Attends, parce que ça s’arrête pas là :

Au Royaume-Uni, la Competition and Markets Authority (CMA) pousse une autre logique : permettre aux éditeurs de refuser l’usage de leurs contenus dans les systèmes d’IA type AI Overviews, sans perte de visibilité dans Google.

Faut pas être un génie : si la réponse est déjà affichée, une partie des clics disparaît. Les éditeurs constatent des baisses de trafic parfois fortes selon les requêtes et secteurs, même si les ordres de grandeur varient. Google, lui, reste au centre : il capte l’attention et la monétise. Plus tu restes, plus la pub tourne.

Les AI Overviews servent donc deux objectifs :

  • répondre immédiatement

  • retenir et monétiser

Google a fait appel de la décision de Munich. Au Royaume-Uni, rien n’est encore figé. Et ailleurs, notamment aux États-Unis, des dossiers similaires émergent.

Bref, pas de bascule actée. Mais le statut de simple intermédiaire est clairement en train de se rediscuter.

Tu connais quelqu’un que mes élucubrations mentales pourraient chauffer ? GO !

Partager

Jusqu’ici, la #26 édition de L’Actu, ce truc de vieux. Merci d’avoir pris le temps de lire mes élucubrations. 🙏

Si t’aimes cette newsletter, j’ai besoin de ton soutien. Like, commente et surtout, partage. Ça ne coûte rien et ça fait super plaisir !

Et si elle te parle vraiment, tu peux m’offrir un café. ☕

Allez, t’auras appris 10 nouveaux trucs aujourd’hui.

À bientôt pour une nouvelle dose d’Actu !

Aucun post

Read the original on craviotto.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.