Chronique CD album (36:02)
- Style
Néo, post-hardcore - Label(s)
20 Buck Spin - Date de sortie
2 mai 2025 - écouter via bandcamp
Ado/10
"Outch", ou en trois mots : « Back to school ». Alors, oui, je sais : vous y êtes retourné⋅e récemment, pour accompagner votre progéniture lors de la journée découverte/présentation du collège (même si pour ce qui nous concerne, c’est plus le lycée), et vous n’avez pas pu vous empêcher de siffloter « Back to school » des Deftones. Et à cette occasion vous vous êtes rendu compte que ça n'a pas trop changé : il y a toujours ce trou dans le grillage pour s’échapper fumer sa clope (jeune fille, jeune vir, astuce de pro : le règlement n’interdit sans doute pas le tabac à priser ou à chiquer). Vous avez également constaté qu'un coup de ripolin a été passé sur les bâtiments les plus péraves, ce dont un⋅e con⋅ne de politicard⋅e (oui je sais c’est souvent appairé) s’est fièrement vanté⋅e, en n’oubliant pas, au passage, de commenter les tenues vestimentaires des filles – ce n’est pas parce qu’on est responsable de la dégradation des conditions d’apprentissage qu’il ne faut pas pour autant rappeler que le principal problème de l’Éducation Nationale c’est évidement la tenue des filles.
Mais vu qu’on est là pour causer musique, causons musique. Et causons plus particulièrement de Back to School (Mini Maggit), l'EP qui a accompagné la sortie de White Pony. Pour moi, les Deftones ça se cantonne aux deux premiers disques et cet EP – White Pony c’est une purge, mais parlons d’autre chose, voulez-vous, sinon on va se fâcher. Et causons d'autre chose encore : de ce Bleed éponyme, qui n’est pas sorti lors de l'été nonante neuf, comme pourrait le laisser croire la typo, le logo et la pochette, mais bien en 2025. Je suis même sûr que le guitariste est accordé en drop-D, que le bassiste a sa basse au niveau des genoux, que le deuxième guitariste (qui s’occupe aussi des samples) a une casquette de baseball à l’envers, et que tout ce joli petit monde a des socquettes qui remontent presque aussi haut que le bas de leur demi-futal – sauf le chanteur qui a un baggy, comme il y a plus de 25 ans. Souvenez-vous : on était beaux/belles et jeunes. A présent il ne nous reste plus que la beauté (sauf vous, Mesdames, qui restez éternellement jeunes). Vous croyez que je délire ? Eh bien écoutez l’intro du disque, et osez me dire que vous n’attendiez pas Chino (celui de la période XL) derrière le micro. Et c’est comme ça tout le long de l’album, du néo typé début 2000, bien dans ses pompes de skateur et pas dans son rock sound. Ajoutez à cela un chanteur qui crie (il reste encore quelques chœurs vénères planqués derrière dans le mix), du chant souvent « calme » quoiqu'un peu turbulent par moment, des riffs de guitare sans grande originalité, des leads metal alternatif ultra efficaces plutôt que des solos, des samples discrets, et Maxou en featuring sur « Shallow » – bon, ça c'est pas tout à fait exact, mais ça aurait pu. Je noterai de plus quelques fulgurances du côté du batteur, ce qui est suffisamment rare dans le style, tout comme sur ce disque sur lequel, au final, tout s'avère bien compact, prod' comprise. Rappelez-vous quand même que le néo/metal alternatif des années 2000 c’était couplet refrain/couplet/break nian-nian/couplet/fausse montée en tension qui tombe à plat sur le refrain/couplet fin du morceau, alors qu’ici les passages posés (qui sont majoritaires) sont d’obédience post-hardcore.
"Outch" en trois photos :




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