Je vais partager avec vous un souvenir personnel. A 19 ans quand j’ai fait pour la première fois mes courses à Carrefour, j’ai ressenti une grande fierté ! J’étais fière de dépenser mon salaire tout juste gagné en courses au supermarché. J’avais l’impression d’accomplir quelque chose de “grande personne”, de suivre le chemin de toute personne normalement constituée : remplir son caddie sous les néons blafards d’un supermarché.
Je n’ai compris qu’une décennie plus tard que ce besoin - ce sentiment d’accomplissement - était en réalité quelque chose que la société avait imprimé en moi dès le plus jeune âge : “gagne ton salaire et dépense le fièrement au supermarché”.
Aujourd’hui, cela fait plus de 15 ans que je n’ai plus mis un pied au supermarché. Je suis donc la preuve vivante que c’est possible ;-) D’ailleurs, je le revendique ! Car le modèle de supermarché, même s’il parait indéracinable, est incompatible avec un monde plus juste socialement, plus écologique.
Pour autant, je sais que ce n’est pas facile de s’en passer du jour au lendemain, que ça dépend énormément de notre lieu de vie, de comment on se déplace etc…
Depuis 2020, je partage avec ma communauté le défi “février sans supermarché”, une initiative du blog suisse En vert et Contre tout. Et le constat est sans appel : même avec un petit budget, c’est possible de vivre sans supermarché.
Cette année encore, j’ai envie de proposer ce challenge. Non pas pour critiquer mais plutôt pour proposer de multiples pistes de réflexion. De montrer qu’il n’existe pas qu’une seule façon de faire sans supermarché, mais autant de routines courses que de consom’acteurices !
pour déconstruire nos habitudes ;
pour trouver de nouvelles alternatives ;
pour pérenniser nos routines ;
Les newsletters seront en accès payant : vous pouvez vous abonner pour seulement ce mois de défi pour 5€ ! Vous aurez accès au chat, la possibilité de me poser des questions et que j’y réponde de façon personnalisée !
De mes 19 ans - donc - à mes 28 ans, j’ai été une fidèle cliente Carrefour. Pour moi, c’était la seule façon de faire les courses. Je n’en voyais pas d’autres. Aussi parce que je n’avais eu que ça comme modèle. On était 4 enfants à la maison et comme tant d’autres parents, les miens faisaient leurs courses au supermarché parce que c’était “plus simple”.
J’ai donc reproduit ce que j’avais toujours connu. Puis en 2011, tout a changé. Avec mon compagnons, nous partons vivre chez ma belle-mère le temps des travaux de notre première maison, ne pouvant pas assumer un loyer en plus du budget rénovation. On bossait comme des imbéciles la semaine et on passait nos week-ends sur le chantier. Résultat : 0 temps pour l’intendance du quotidien. Belle maman a donc tout géré (et je lui en serais toujours reconnaissante). Notamment les courses : ça a été pour moi une vraie cure de désintoxication des supermarchés. Une fois qu’on a emménagé dans notre nouvelle maison, j’ai entamé ma transition écologique et ça nous a servi de nouveau départ pour questionner notre routine de courses.
A l’origine du supermarché, il y a l’idée de proposer des produits en libre service. Mais surtout préalablement achetés à des grossistes, ce qui permet d’afficher des prix de 20% à 50% moins élevés que dans les épiceries traditionnelles. Les premiers apparaissent dans les années 1920 aux Etats-Unis. En France, Edouard Leclerc ouvre son premier magasin discount en 1949 à Landernau en Bretagne.
Les « gênes » du supermarché c’est donc la consommation de masse : le système crée est composé de multiples intermédiaires, chacun négociant et prenant sa marge à son niveau.
En France, il y a plus de 2.000 hypermarchés et 10.000 supermarchés, qui brassent environ 110 milliards d’euros de chiffre d’affaire. La grande distribution, elle est dominée par huit groupes, six sont français et deux sont allemands. Source France Info
Sortir du système du supermarché, c’est déconstruire un schéma de pensée. Celui de la promo qui fait gagner de l’argent car on achète en gros, du marketing bien huilé qui vous fait désirer ce dont vous n’avez pas besoin mais que vous trouvez alléchant en tête de gondole.
C’est sortir de son rôle de consommateurice passif.ve pour être actif.ve ! C’est être un consom’acteurice qui prend son pouvoir d’achat en main et décide de le rediriger vers des systèmes de consommation plus durables.
Comme ici on est sans langue de bois, je vais être honnête.
On ne quitte pas les allées du supermarchés sans quelques compromis ! J’ai arrêté d’acheter quelques produits au passage. J’ai accepté de dire stop aux plats préparés, aux aliments ultra transformés, aux produits marketing, au coca dont j’étais friande… Changer de mode de consommation veut aussi dire se réapproprier sa consommation notamment alimentaire. Et cela passe par réapprendre à cuisiner à partir de produits bruts, de meilleure qualité, locaux, de saison…
En supprimant un certain nombre de produits industriels onéreux, en faisant soi-même la cuisine, les produits ménagers, on peut alors de consommer différemment : moins mais beaucoup mieux.
En proposant des produits à des prix toujours plus compétitifs tout en conservant les marges de chacun des intermédiaires, dans le modèle du supermarché c’est l’agriculteur – en bout de chaine – qui en paie le plus les frais.
Et dans ce sens, les supermarchés ont une vraie responsabilité dans la crise agricole de notre pays : des fruits et légumes importés, de la viande qui vient de l’autre bout du monde, qui mettent à profit un accord Mercosur qui ne profite à personne en bout de chaîne ! Ni les paysan.nes, ni les consommateurices : tout le monde est perdant sauf les intermédiaires qui s’enrichissent au passage !
Réduire les intermédiaires, acheter en circuit-court, faire son potager : tous ces choix permettent d’agir à son niveau ! On reprend surtout le contact avec la source de production ! En adhérant à une AMAP, on rémunère directement le ou la paysan.ne qui nous nourrit. En parlant avec son producteur sur le marché on comprend pourquoi tel légume n’a pas eu l’opportunité de pousser. Adhérer à un supermarché coopératif permet de s’investir dans le choix des filières de production et des produits qui seront proposés…. On devient acteur de sa consommation et ça change beaucoup de choses !
Ne plus aller au supermarché c’est un vrai rempart à la surconsommation, au pouvoir d’achat et à la crise agricole : c’est un levier d’action à la portée de tout le monde !
En regardant les étiquettes, on devient inquisiteur sur le contenu des produits industriels qui ont séduit nos papilles. On se ré-appropprie le contenu de son assiette et donc sa santé. De nombreuses enquêtes indiquent que les produits ultra transformés – apanage des industriels – sont souvent peu nutritifs, ouvrent l’appétit, deviennent addictifs et sont souvent bourrés de produits chimiques. Même si on ne connait pas encore les effets à long terme, de nombreuses études « pointent (leur) rôle dans l’augmentation du surpoids, de l’obésité, du diabète type 2, de syndrome métabolique, d’hyper-tension, de cholestérol » (pour en savoir plus on vous conseille cet article de France Inter)
Alors même s’il n’y a pas que des aliments transformés dans les supermarchés, il est certain qu’en sortir et reprendre le contrôle sur son alimentation est meilleur pour sa santé !
N’hésitez pas à me dire si vous souhaitez que j’aborde un sujet en particulier !
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