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C. l'air du temps · Jun 12, 2026

Est-ce qu'on peut être écolo et heureux ?

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Claire SEILLER · C. l'air du temps

La semaine dernière j’ai donné une conférence à Toulouse.

Le thème ? “Peut-on être écolo et heureux ?”

C’est une conférence que j’aime beaucoup proposer, j’y raconte mon parcours et surtout comment j’arrive à trouver l’équilibre entre lutter et vivre - pleinement.

J’ai eu mon “déclic écolo” il y a presque 12 ans à la naissance de ma fille. Je me suis alors lancée à corps perdu dans le zéro déchet, croyant - très naïvement - que j’allais ainsi résoudre tous les problèmes du monde.

Bon, vous vous en doutez, j’ai vite déchanté…

Depuis, j’ai entrepris mon parcours de prise de conscience plus globale. J’ai changé de lunettes, je suis sorti de la culpabilisation et de la responsabilité individuelles. Oui c’est bien d’agir à son niveau, de changer ses comportements de consommation, déjà car on agit pour soi, sa santé, son porte-monnaie, mais aussi ça permet d’avoir la sensation d’agir. Cependant, ces petits actes de colibri doivent être accompagnés d’actions collectives aussi : dans des associations, des collectifs quelque soit leur nature, via des pétitions : ça permet d’agir à une échelle qui nous dépasse en tant qu’individus et qui porte sur le groupe et non l’individu.

Dans cette conférence, je parle de mon parcours, surtout de mes burn-out : écolo et professionnel. Pour la petite histoire, en 2018, j’ai arrêté mon travail d’architecte : je ne trouvais plus de sens dans le métier tel que je le faisais. Après un bilan de compétences, j’ai bifurqué, j’ai fait une reconversion professionnelle.

A un moment de la conférence, on m’a posé une question pertinente : est-ce que vous êtes-là pour nous faire changer de métier ? Thales (oui c’est là que j’étais) n’est certainement pas une entreprise vertueuse, donc on peut s’interroger : peut-on avoir une consciente écologique et travailler pour une entreprise qui ne l’est pas forcément ?

Cela soulève plusieurs points.

D’abord, celle de l’alignement de nos valeurs pro et perso (est-ce qu’on peut être heureux dans son boulot s’il n’est pas aligné avec nos valeurs). Si on prend mon expérience, j’ai décidé de changer de travail car j’ai senti que je ne pouvais plus faire autrement. C’était devenu vital. Je prends souvent la métaphore suivante : quand on questionne sa place, ses actes etc… on plante une graine, parfois cette graine elle grandit et fait un arbrisseau capable de tenir à coté de nos autres habitudes de vie. Parfois, la graine grandit si fort, qu’elle devient un arbre si énorme qu’il nous est impossible d’ignorer. C’est ce que j’ai répondu à cette personne. Si tu arrives à faire cohabiter les 2 et que tu trouves que c’est à un équilibre qui te convient, c’est OK.

Pour moi la “bonne place” c’est là où on est bien.

Là où on peut agir tout en se respectant.

L’autre question, c’est celle de nos dissonances cognitives et de nos contradictions. Et implicitement celle de la perfection. Il faudrait être parfait.e pour agir : c’est faux bien sûr. On est tou.tes bourrés de contradictions. Tout ça ce n’est qu’une question d’équilibre ! Comment moi - Claire (remplacez par votre prénom) - j’agis au mieux dans un monde qui est l’opposé de mes valeurs et qui ne fait rien pour me faciliter la tâche.

Et des contradictions on en a toutes et tous.

Je rénove ma maison de la façon la plus consciente possible mais mon crédit maison est à la Caisse d’Epargne, une des banques françaises qui polluent le plus.

J’adore regarder des documentaires sur Arte mais j’ai aussi Netflix.

J’essaie de limiter les emballages mais j’ai du mal à dire non aux chips.

Je veux acheter un max de vêtements de seconde main mais l’autre jour j’ai fini dans une boutique American Vintage parce que ma fille de 11 ans est au collège, qu’elle se cherche et qu’elle avait besoin d’essayer avant d’acheter des vêtements.

C’est juste la vie.

Donc j’ajuste, je mets en balance. Et attendre de soi - ou des autres - qu’ils soient parfaits pour être autorisés à agir, ça ne sert à rien. Il faut juste se lancer.

Et pour répondre à ma question du début “peut-on être écolo et heureux ?” : il faudra me faire venir en conférence dans votre entreprise.

Non je blague. En réalité, ce que je raconte justement c’est en lien avec cette question d’équilibre.

Comment doser l’information que je reçois pour ne pas sombrer dans une dépression sur l’état du monde ?

Comment trouver de la joie dans le quotidien sans être en permanence entrain de penser à ce qui ne va pas ?

Comment ajuster les choix de consom’action qu’on fait au quotidien en fonction de notre vie de famille, de nos contraintes, de notre charge mentale etc… ?

En réalité, pour moi, cette question du bonheur, elle est juste dans les interstices, dans ce subtil équilibre qu’on doit construire tous les jours…

Qu’en pensez-vous ? Comment vous arrivez à jongler ?

A très vite

Claire

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Read the original on clairdutemps.substack.com

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