C’est une remarque qui est souvent faite à nos débunkers : “vous voulez faire la police sur LinkedIn”, “vous vous prenez pour des justiciers”, “on s’en fout que ce soit faux, l’important c’est la morale de l’histoire”.
Au-delà de notre petite blessure à l’égo, nous tenons aujourd’hui à expliquer un peu notre démarche, et en quoi nous pensons que ces remarques sont profondément idiotes (désolé, hein).
Nous pouvons comprendre que voir débarquer en commentaire une page qui vous dit “c’est faux” peut-être un peu vexant. Mais contrairement aux gendarmes, nous ne viendrons pas toquer chez vous à 6h du matin, et vous ne recevrez aucune condamnation. Au pire, vous devrez supporter quelques commentaires moqueurs dont vous pourrez vous plaindre ensuite.
Encore raté !
Nous n’avons jamais milité pour la suppression des contenus que nous débunkons. Au contraire, nous pensons que le meilleur moyen de lutter contre les fake news n’est pas de les supprimer, mais d’apporter une contradiction.
Et rien ne nous fait plus plaisir que de voir un auteur modifier son post suite à notre débunk !
Nous sommes par contre parfois victimes de “censure”, lorsque l’auteur, n’appréciant pas d’être contredit, supprime notre commentaire.
L’équipe de C’est vrai ça ? est composée d’environ 25 personnes d’âge, de sexe, de religion et d’opinion différents.
Ils participent bénévolement à l’initiative car ils sont persuadés que la pensée critique et la lutte contre la désinformation sont indispensables à la tenue d’une société démocratique et à un débat apaisé.
Le débat en interne est encouragé, afin de faire évoluer les pratiques de chacun.
Pour vous dire, il y a même un channel intitulé “l’avocat du diable” sur le Discord de la rédaction dans lequel un de nos membres a défendu avec vigueur et arguments une certaine pratique de la naturopathie !
C’est une excellente question, merci Jean-Michel.
Nous voulons faire revivre l’esprit critique !
La désinformation n’est pas une blague ni une petite chose sans conséquence.
Même les fake news les plus innocentes, les discours bullshit inspirants sont autant d’outils pour endormir la vigilance.
La désinformation est une arme, au point que des écoles comme l’IHEDN font des conférences sur cet outil : https://ihedn.fr/2022/03/11/les-armes-de-la-desinformation/
Chaque petite fausse information, participe, à son échelle, à créer le doute, à saper la confiance dans l’information indépendante, et permet à des campagnes plus importantes de gagner en visibilité.
Nous nous sommes donné comme mission de lutter, à notre petite échelle, contre la prolifération de la désinformation. Car petit à petit, nous espérons que certains, qui sont avant tout des victimes de cette désinformation, puissent vérifier, peser, et analyser ce qui leur est mis sous les yeux.
Absolument !
Et heureusement d’ailleurs.
Comme tout le monde, nous tombons parfois dans certains panneaux, ou nous n’arrivons pas à nous séparer de nos biais bien humains.
Personne n’est infaillible, mais nous essayons de mettre en place des processus pour éviter les erreurs ou les partis-pris trop grands.
Et quand nous nous trompons, nous acceptons et éditons notre débunk. Il n’y a aucune honte à se tromper.
Comme l’a dit Steve Jobs ou Nelson Mandela :
“errare humanum est, perseverare diabolicum”

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