La fin de l’année scolaire est dans quelques jours.
Et avec elle arrive une tradition : le cadeau de remerciement pour l’équipe éducative.
Cette semaine, une question simple. Chez vous, qui gère ça ?
Bonne lecture.
Hello,
Je vous pose la question très directement, entre nous.
Chez vous, qui s’occupe du cadeau de fin d’année pour la maîtresse, le maître, l’ATSEM, la nounou ?
Si je regarde les statistiques, et surtout les groupes WhatsApp de parents d’élèves, la réponse est écrasante. C’est presque exclusivement les mères.
Le dernier jour d’école, on prend le joli paquet déjà emballé. On sourit à la maîtresse. On dit un grand “Merci pour cette année !” (on dirait Noël en fait…).
Et on oublie tout ce qui s’est passé avant.
Créer la cagnotte en ligne. Relancer les parents qui ont oublié de participer. Trouver une idée de cadeau qui a vraiment du sens. Aller l’acheter sur la pause déjeuner, entre deux réunions. Faire asseoir l’enfant pour qu’il dessine une carte. Écrire le petit mot qui va avec.
Tout ça, ça porte un nom. Le travail émotionnel. Le “care”. La charge mentale liée au maintien des liens sociaux et à l’expression de la gratitude.
Et le patriarcat a décidé depuis longtemps que c’était un “truc de femmes”.
En laissant systématiquement cette tâche à nos partenaires, on leur file pas juste une corvée logistique de plus en pleine période de fatigue de fin d’année.
On leur laisse aussi le monopole de l’empathie.
C’est-à-dire qu’on les positionne, encore une fois, comme celles qui pensent aux autres, qui maintiennent le lien, qui disent merci au nom de toute la famille. Pendant qu’on récolte les sourires le jour J.
Pas en demandant “Au fait, t’as pris un truc pour la crèche ?” ou “Dis-moi combien je te dois”.
En prenant le relais total.
“Cette année, je gère les cadeaux de fin d’année de A à Z. T’en occupe pas.”
On réfléchit nous-mêmes à ce qui ferait plaisir, une plante, un bon livre, des chocolats, sans demander d’idées à notre partenaire.
Et surtout, on prend le temps de s’asseoir avec son enfant pour faire le dessin ou écrire le petit mot ensemble. C’est avec nous aussi que l’enfant doit apprendre à dire merci.
Le “care”, c’est pas une compétence féminine innée.
C’est un muscle.
Et il est temps qu’on fasse de l’exercice.
Adelphiquement,
Cédric
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