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Cédric de Papatriarcat · Jun 1, 2026

"Mais pourquoi il a deux papas ?" 🏳️‍🌈

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Cédric ROSTEIN · Cédric de Papatriarcat

Juin est là. Et avec lui, le Mois des Fiertés.

Cette semaine, on parle de la question que vos enfants vont poser. Ou qu’ils ont déjà posée. Et de quoi répondre sans bégayer.

Bonne lecture.

Hello,

Scène classique.

Ton enfant revient de l’école et te demande : “Pourquoi Lucas il a deux papas ?”

Et là, t’as deux options.

Option A : tu bégaies vaguement, tu dis que t’expliqueras plus tard, et tu changes de sujet en proposant un goûter.

Option B : tu réponds. Simplement. En trente secondes.

Cette newsletter, c’est pour t’aider à choisir l’option B sans stress.

On pense souvent bien faire en évitant le sujet. On se dit que l’orientation sexuelle et l’identité de genre, c’est des “trucs d’adultes”. Qu’on préserve leur innocence. Qu’ils comprendront plus tard.

Sauf que “plus tard”, quelqu’un d’autre s’en charge déjà.

Et ce quelqu’un, c’est la cour de récréation.

C’est exactement pour ça que des mots comme “pédé” deviennent des insultes banalisées dès le CP. Les enfants répètent ce qu’ils entendent, sans comprendre. Et ils entendent surtout ce qu’on ne leur a pas expliqué. L’intolérance ne tombe pas du ciel : elle se nourrit du vide qu’on laisse.

On veut élever des enfants qui comprennent que le monde ne se limite pas au schéma “un papa, une maman, un chien et un pavillon”. Mais pour ça, il faut qu’on en parle. Avant eux. Avant la cour.

Bonne nouvelle : pas besoin d’un cours de sociologie. Pas besoin de sortir un PowerPoint sur les structures familiales contemporaines.

On a juste besoin de représentation. Et de mots simples.

Dans leur bibliothèque d’abord. Intègre des livres où les héros ont deux mamans, deux papas, ou grandissent dans une famille monoparentale, sans que ce soit le “problème” de l’histoire. Juste la vie. Normale. Je mettrai quelques références pépites en fin de mail.

Quand la question arrive. “Pourquoi il a deux papas ?”

Voilà la réponse la plus honnête et la plus simple : “Parce qu’ils sont tombés amoureux et ont décidé de faire une famille ensemble. Comme maman et moi. Ou comme tonton et sa copine.”

C’est tout. Vraiment. Les enfants n’attendent pas une dissertation. Ils attendent que tu leur confirmes que c’est normal. Ta voix calme fait 80% du boulot.

Je me rappelle encore la première où Sarah a vu un couple lesbien, en vacances en Ardèche. En voyant ces deux femmes s’embrasser, elle m’a demandé “Papa elles font quoi les dames ?” et j’ai répondu : “elles s’aiment”.

Simple. Basique.

Quand un mot péjoratif revient de l’école. On ne crie pas. On ne dramatise pas. On déconstruit, calmement :

“Sais-tu ce que ce mot veut dire ? C’est une façon de dire que deux hommes s’aiment. Utiliser ça comme une insulte, ça blesse des gens pour qui c’est leur vie. On va pas faire ça.”

Pas de sermon. Pas de honte. Juste une mise au point, et on passe à autre chose.

Le vrai objectif, c’est pas d’élever un enfant qui “tolère” la différence à 15 ans après un grand discours solennel.

C’est lui montrer la diversité à 5 ans pour qu’il n’ait rien à tolérer plus tard. Parce que ça lui semblera parfaitement normal.

Et ça commence par répondre à une question sur le canapé un mardi soir.

Adelphiquement,

Cédric

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Read the original on cedricrostein.substack.com

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