Bienvenue dans la seule newsletter française dédiée aux “Boring Business”. Chaque semaine, je décortique les opportunités rentables boudées par la Tech, et je te donne le plan d’action pour les développer.
C’était un mardi soir. Un événement entrepreneur à Bordeaux. Le genre de soirée où tout le monde a une idée révolutionnaire, une carte de visite fraîchement imprimée, et une levée de fonds “en cours.”
Je tombe sur Julien. 34 ans. L’air décontracté. Verre à la main. Le genre de gars qui parle pas beaucoup mais qui dit des trucs qui restent.
À un moment, on fait le tour du groupe. Chacun dit ce qu’il fait. Un fondateur de SaaS B2B. Une consultante en transformation digitale. Un coach en leadership. Et puis Julien.
“Moi, je suis dans la logistique.”
Vague. Il me pique ma curiosité. Plus tard dans la soirée, on se retrouve seuls, je lui pose la question directement.
“La logistique, c’est quoi exactement ?”
Il hésite deux secondes. Regarde ses pieds.
“Je vide des appartements. Surtout après des décès. Les familles ont un logement à vider, elles ont ni le temps ni l’énergie. Je gère tout.”
Silence.
“Et ça rapporte ?”
“5 800€ nets le mois dernier. Moins en été, plus en automne.”
Je le regarde. Le mec gagne 70 000€ par an à vider des appartements. Et il dit qu’il est “dans la logistique” pour pas avoir à expliquer à la tablée d’entrepreneurs en face de lui.
“T’as jamais pensé à en parler plus ouvertement ?”
Il rit. “Genre ici ? ‘Bonsoir je vide les maisons des morts.’ Non merci. Les gens comprennent pas.”
Bref.
J’ai compris cette honte. Parce que je l’ai eue moi aussi.
Quand j’ai lancé Boring Business, mes potes ont ricané. “Boring Business ? C’est vraiment le nom ?” Ouais. C’est vraiment le nom. “Mais ça n’a rien avoir avec la tech?”. J’aurais pu appeler ça autrement. “Business Insider FR.” “The Entrepreneur Daily.” Un truc présentable à sortir à un dîner sans voir les gens changer de sujet.
Je l’ai pas fait. Parce que j’ai compris un truc quand je me suis lancé.
Les marchés les plus compétitifs sont ceux où les gens ont le plus de fierté à dire ce qu’ils font. Les moins compétitifs : ceux où ils ont honte. Et la honte n’est pas une réalité de marché. C’est un programme social qu’on t’a installé à 20 ans sur les bancs d’une école de commerce.
Julien avait pas ce programme. Moi j’ai failli l’avoir.
Aujourd’hui, les 6 business dont personne ne veut avouer qu’il les fait. Et qui cartonnent exactement pour ça.
Cette semaine, j’en ai filmé une autre. Dalila. Elle fait des bouquets de cupcakes en forme de fleurs. Elle, elle fait des véritables oeuvres d’art. Et elle gagne mieux sa vie que 95% des gens dans la salle.
Maintenant, voici pourquoi des centaines d’autres opportunités comme la sienne sont vides.
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Quatre marchés. Même pattern : une demande massive, une offre qui ne suit pas. Parce que ceux qui pourraient répondre ont honte de dire ce qu’ils font à table.
🐾 6,6 milliards d’euros sur le marché des animaux en France (Les Echos Etudes / FACCO, mars 2025) . Les bons toiletteurs réservés 3 semaines à l’avance.
☀️ 1 million d’installations solaires en France (Ministère de la Transition Écologique, tableau de bord T2 2025) . Quasiment aucun entretien proposé.
🏚️ Logements G interdits à la location depuis janvier 2025 (Service-public.fr, janvier 2025) . Des centaines de milliers de propriétaires sans solution.
♻️ Vinted, 1er vendeur de vêtements en France (La Croix / Capital.fr, mai 2025) . Le marché de l’arbitrage seconde main est encore vide.
Dans chacun de ces marchés, la demande est massive. Ce qui manque, c’est l’offre sérieuse. Parce que les Julien de ce monde préfèrent dire qu’ils sont “dans la logistique.”
Voici 6 façons d’occuper ce vide.
Ce que cette famille a en commun : des besoins récurrents, banals, physiques. Des besoins que les gens ont chaque semaine et pour lesquels ils cherchent désespérément quelqu’un de sérieux.
1/ Toilettage mobile
Selon le baromètre FACCO-Odoxa 2024-2025, 30% des Français ont un chien, soit plus de 15 millions d’animaux. Les bons toiletteurs sont réservés 3 semaines à l’avance dans la plupart des villes.
Tu te déplaces chez le client avec ton matériel ou tu aménages un van. Prix moyen : 45 à 90€ par prestation selon la taille du chien.
6 prestations/jour × 5 jours × 65€ = ~1 900€/semaine brut Coûts : formation (800€), matériel (2 500€), assurance pro (80€/mois) Marge nette estimée dès le 4ème mois : 3 200 à 4 200€/mois
Pour démarrer : Ravi (plateforme nationale para-animaliers) pour les 10 premiers clients, Google My Business bien rempli, groupes Facebook “propriétaires de chiens [ta ville]”.
Niveau ▲ | Budget : ~4 000€
2/ Débarras de succession
Comme Julien. La France enregistre plus de 600 000 décès par an (INSEE, 2023). Chaque famille a un logement à vider. Les enfants sont souvent à 300 km. Ils veulent que ça disparaisse vite, sans stress.
Tu rachètes le contenu pour une somme symbolique (ou tu factures le débarras directement), tu revendes les objets de valeur sur LeBonCoin, eBay ou Selency. La marge vient de la revente.
3 interventions/semaine × ~600€ de marge sur revente = ~7 200€/mois Coûts : véhicule utilitaire, box de stockage temporaire si besoin Investissement de départ : quasi nul
Pour trouver tes clients : partenariat avec des pompes funèbres et des notaires, annonces LeBonCoin “débarras rapide et gratuit.” Pas besoin de pub.
Niveau ▲ | Budget : ~500€
Ce que cette famille a en commun : la demande est physiquement ou réglementairement forcée. Tu n’as pas à convaincre que le besoin existe. La physique ou la loi le fait pour toi.
3/ Maintenance de panneaux solaires
Plus d’un million d’installations photovoltaïques en France, dont 700 000 foyers résidentiels. Ils arrivent tous à leur première maintenance sérieuse. Les installateurs ne font pas l’entretien. Des panneaux encrassés perdent jusqu’à 25% de rendement. Et quasiment personne ne propose ce service aujourd’hui.
Nettoyage, vérification du rendement, rapport client. 150 à 300€ par intervention. Tu peux démarrer en solo, puis sous-traiter.
4 interventions/jour × 200€ × 20 jours = ~16 000€ de CA en plein régime Coûts : formation (1 500€), équipement nettoyage + sécurité (1 500€), assurance (100€/mois) Marge nette réaliste à 6 mois : 4 000 à 6 000€/mois
Pour démarrer : Google Ads “entretien panneaux solaires [ville]” (200€/mois pour tester), prospection directe dans les zones de lotissements construits entre 2020 et 2024.
Niveau ▲ | Budget : ~3 500€
4/ Courtage en travaux DPE
Depuis le 1er janvier 2025, les logements G sont interdits à la location. Les F suivent en 2028. Des centaines de milliers de propriétaires sont perdus : quelles aides ? Quel artisan ? Dans quel ordre ? Cette confusion vaut de l’argent.
Tu es l’intermédiaire entre les propriétaires et les artisans qualifiés RGE. Commission de 5 à 10% du chantier. Sur un chantier moyen de 20 000€ : 1 000 à 2 000€ de commission. Pas d’outil, pas de formation lourde.
8 dossiers/mois × 1 200€ = 9 600€ de CA Coûts : quasi nuls (téléphone, ordinateur, connaissance de base MaPrimeRénov et CEE) Marge nette réaliste à partir du 3ème mois, le temps de construire ton réseau d’artisans RGE : 6 000 à 8 000€/mois
Ce que tu vends réellement : la connaissance des artisans sérieux et des aides disponibles. Ce que personne n’a le temps de chercher. Ce qui justifie la commission.
Niveau ▲▲ | Budget : ~0€
Ce que cette famille a en commun : une fois le système en place, tu n’as plus à vendre activement. L’argent rentre.
5/ Arbitrage seconde main
Vinted est devenu le 1er vendeur de vêtements en France en 2025, avec 23 millions d’utilisateurs. Tu achètes des objets sous-évalués dans les vide-greniers, aux enchères ou sur LeBonCoin. Tu les revendes à leur vraie valeur sur Vinted, eBay, Etsy ou Selency.
Les meilleures niches : vaisselle vintage, vêtements de marque, livres rares, jouets anciens, électroménager rétro.
Capital initial : 500€ Marge sur les bonnes pièces : 200 à 400% Revenu estimé après 3 mois de spécialisation sur une niche : 1 200 à 3 000€/mois pour 10h/semaine
La clé : pas d’achat généraliste. Une niche, une expertise, une meilleure connaissance de la valeur réelle que n’importe qui d’autre dans ce secteur.
Niveau ▲ | Budget : ~500€
6/ Distributeurs automatiques
J’ai croisé un type qui en possède 23. Il était agent d’assurance. Première machine achetée à 3 500€, placée dans un garage automobile : 450€/mois net. Il en a racheté deux, puis cinq. Aujourd’hui : 6 200€/mois en revenu passif. Il a gardé son job “par habitude.”
Achat d’occasion (2 500 à 4 000€), placement dans un lieu à fort trafic (garages, cabinets médicaux, salles de sport, PME), remplissage mensuel, entretien minimal.
1 machine bien placée : 350 à 800€/mois net Coûts : machine (3 000€), produits (150€/mois), déplacements (50€/mois) Temps de gestion : 2 visites par mois par machine
Pour trouver tes emplacements : démarchage direct des gérants de garage, médecins, directeurs de PME. Proposition : partage des revenus (10 à 20%) ou loyer fixe (100€/mois). La plupart acceptent parce que c’est zéro contrainte pour eux.
Niveau ▲ | Budget : ~3 000€ (minimum)/machine
Avant de partir de l’événement, Julien m’a dit un dernier truc.
“La semaine dernière, j’ai vidé l’appartement d’un monsieur de 84 ans. Seul toute sa vie. La fille arrivait de Lyon, elle était là deux heures. Avant de partir, elle m’a remercié comme si j’avais fait quelque chose d’extraordinaire.”
Il a regardé son verre.
“J’avais juste vidé un appartement. Mais pour elle, c’était trois mois de nuits sans sommeil qui disparaissaient. C’est bizarre ce métier. T’arrives chez des inconnus au pire moment de leur vie. Et tu repars en ayant réglé quelque chose qu’ils pouvaient pas régler seuls.”
Silence.
“Si un jour t’en connais qui veulent bosser dans ce secteur, envoie-les pas vers moi. Je cherche pas de concurrence.”
Il plaisantait. À moitié.
Ces marchés sont vides parce que les Julien qui s’y trouvent n’en parlent pas à table. Parce qu’ils disent “logistique” au lieu de “débarras.” Parce qu’ils ont honte d’un business qui les nourrit mieux que la plupart des gens autour d’eux.
Et cette honte, c’est pas la leur. C’est un programme social qu’on t’a installé à 20 ans. “Fais quelque chose de bien. Quelque chose de présentable.”
Résultat : les marchés où règne la honte sont les plus vides. Et les plus rentables.
Si t’as lu cette newsletter jusqu’ici, tu sais maintenant où ils sont.
Il reste juste à décider si toi, t’assumes.
Bonne semaine de build.
Mathias
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