#UpToDate 379
Avant de faire une petite pause estivale sur l’édition du samedi de cette newsletter, j’ai eu envie de vous laisser quelque chose, je l’espère utile, pour alimenter votre réflexion.
On parle beaucoup des nouveaux modèles, des annonces qui ne cessent de s’empiler, des démonstrations qui font whaooo, des usages qui font la une des journaux, des slides des consultants ou des keynotes dans les conférences. Très bien. Mais quand on regarde ce qui se passe réellement dans les entreprises, une autre histoire se dessine en vrai.
Beaucoup d’organisations ont acheté des outils. Beaucoup moins ont déjà commencé à investir sur une autre manière de travailler. C’est ce point-là que je vous propose de garder avec vous pendant l’été. On en parle aujourd’hui ensemble.
Et on se retrouvera bien sûr chaque mercredi pour, même pendant l’été, aller plus loin avec les rebonds sur les nouveaux épisodes du podcast Connected Mate.
Vous êtes maintenant 4.778 à me lire. Bienvenue à vous dans cette dernière édition du samedi avant une reprise d’une activité normale le samedi 22 août.
PPC
***
Ce qui compte avec l’IA, ce sont vos usages et la valeur que vous en tirez. Pour vous. C’est pour ça que j’ai écrit ce livre et que j’interviens aussi en conférence.
Le premier signal qui m’a frappé cette semaine c’est, comme l’explique cet article de Business Insider du 6 juillet, qu’on ne manque plus seulement d’outils. Beaucoup d’entreprises sont désormais équipées, mais cet équipement ne garantit ni les bons usages, ni la bonne discipline, ni une vraie amélioration du travail. On n’est donc plus au stade où l’IA serait seulement un sujet de curiosité, ça c’était il y a déjà plus de 4 ans !
Le deuxième signal est encore plus concret. Dans l’étude AI Writes Faster Than Humans Can Review, publiée sur ArXiv le 2 juillet 2026, les auteurs montrent qu’un déploiement intensif d’outils IA peut bien faire bondir le throughput (la quantité de données produites en sortie par rapport aux données d'entrée), mais qu’il déplace aussi la charge de revue, d’arbitrage et de coordination. En clair : l’outil peut aller plus vite que l’organisation qui doit l’absorber.
Le troisième signal est, quant à lui, sur le terrain managérial. Le Wall Street Journal, le 8 juillet 2026, raconte comment certaines entreprises s’appuient déjà sur des “champions” internes pour diffuser les usages, rassurer les sceptiques et faire circuler les bonnes pratiques. Là encore, ce qui fait la différence n’est pas seulement l’outil. C’est l’organisation qui se crée autour.
Et un quatrième signal, plus fin mais très utile, apparaît dans l’étude AI Adoption Across a Multinational Workforce, publiée mi juin. Les auteurs y démontrent que l’adoption dépend beaucoup du contexte de travail, de la confiance, de la qualité des contenus disponibles, du rôle des personnes, et même de leur manière d’apprendre à vérifier les réponses. Là aussi, cela raconte la même chose : l’adoption ne se résume pas à un simple achat. Parce que si acheter paraît simple, en fait l’IA, c’est comme toujours avec le digital, un sujet d’usage. Et avec les usages, c’est quand on livre un produit tech que tout commence. Parce que la transformation est humaine et organisationnelle, et ça, ce n’est pas un sujet technologique !
***
Si cette newsletter vous est utile :
Cliquez sur le ❤️ en haut ou en bas. C’est le signal le plus simple pour me dire que ça vous aide vraiment.
Et si quelqu’un dans votre entourage devrait lire ça, partagez-lui.
Mes premiers éléments de réflexion ?
Deux entreprises peuvent dire qu’elles “ont de l’IA” sans vivre du tout la même chose. L’une a des comptes ouverts, des essais, des prompts qui circulent. L’autre a commencé à installer de vrais usages, à faire remonter ce qui marche, à économiser du temps sur des tâches concrètes, à repérer où l’outil aide vraiment et où il génère une fatigue, voire une dette à venir, plus qu’il n’aide.
Le fossé commence, à mes yeux, à se former ici. Pas entre les entreprises qui ont l’IA et celles qui ne l’ont pas. Toutes les entreprises (ou presque) ont de l’IA. Le gap se situe à mon sens entre celles qui ont juste acheté des outils, et celles qui ont commencé à construire autre chose : la compréhension de ce qui est en jeu (souveraineté mon amie…), de la vélocité dans la création de valeur, de la formation, des relais internes et surtout, et c’est très important, de l’apprentissage collectif.
Pour un dirigeant, un manager, un freelance ou un fondateur, le risque n’est donc pas seulement de rater un modèle ou une annonce. Le risque, c’est de croire qu’en ayant équipé l’organisation, le sujet est déjà traité. Alors qu’en réalité, le plus dur commence juste après.
Si vous vous arrêtez ici, vous voyez déjà pourquoi l’équipement ne suffit plus.
Ce que vous ne voyez pas encore, c’est à quel niveau votre organisation se situe vraiment.
Dans la suite, je vais vous proposer une grille très simple pour le voir sans vous raconter d’histoire : entreprise équipée, entreprise qui teste, entreprise qui apprend, ou entreprise qui commence enfin à se transformer.
Si vous n’êtes pas encore abonné premium, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Après tout, c’est pas grand chose de soutenir mon travail, et vous verrez, vous en tirerez beaucoup beaucoup de valeur.

Comments
Nothing yet. Say the first thing.
Sign in to join the conversation.