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La Newsletter de BODOI · Apr 1, 2025

BoDoï, la newsletter : on vous emmène à Bastia ?

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BoDoï est partenaire du festival BD à Bastia. Alors, avant de vous en dévoiler les expositions une fois sur place, on vous a concocté une newsletter spéciale autour de certains artistes exposés.

En trois mots

Ou comment tenter de vous convaincre de lire un album en moins de temps qu'il ne faut pour dire "Mille milliards de mille sabords".
Par Benjamin Roure.

CINÉMA. C’est l’album idéal pour incarner l’idée de l’exposition collective “Bande des cinés” de cette édition de BD à Bastia : on y suit Fritz Lang préparer son M le maudit, guidé par un policier qui veut lui faire prendre conscience que le mal hante les rues ordinaires d’une Allemagne qui n’a pas encore basculé dans le gouffre nazi. Une sombre et fascinante histoire en bande dessinée, à l’intérieur de l’histoire de cinéma, elle-même élément de la grande Histoire en mouvement.

CRIME. Alex W. Inker retrouve au scénario original Thibault Vermot, dont il avait brillament adapté Colorado Train. Le duo, amateur de récits noirs, fait de Fritz Lang une figure artistique ambigüe, fasciné par les faits divers et le morbide, lui-même soupçonné du meurtre de sa première épouse. Mais qui cherche à comprendre, à travers l’affaire du “Vampire de Düsseldorf” notamment, ce qui ronge l’âme d’un homme au point de devenir un assassin.

BROUILLARD. C’est dans un noir et blanc de nuit et de brouillard que se déroule cet imposant album. Poisseux comme le pavé des bas-fonds de Berlin, enfumé comme les clubs interlopes où s’encanaillent les notables allemands, noir comme la croix gammée qui se mettra bientôt à fleurir. Alex W. Inker mêle clins d’oeil au cinéma et détails signifiant de la montée du nazisme, dans des planches au découpage inspiré et au dessin d’une impressionnante maîtrise. Pour un nouveau chef d’oeuvre, ambitieux et terrifiant.

Krimi. Par Alex W. Inker et Thibault Vermot. Sarbacane, 280 p., 35 €. Sortie le 2 avril.


Un auteur, une planche (1/2)

Commenter une planche, c’est commencer à entrer dans une œuvre.

Exposé à Bastia, David Wautier nous a emballés avec sa Tempête. Il en décrypte une planche pour BoDoï.

Propos recueillis par Rémi I.

« Dans une BD muette, chaque case doit être d'une grande lisibilité, rien ne peut venir perturber le récit. Un seul but : la narration. Le découpage est le moment clé, mais aussi un véritable casse-tête ! Vivre une tempête, c'est quelque chose de fort, et j'avais l'impression que si on ajoutait des mots, on perdait en intensité.

Sur cette planche, j'ai d'abord représenté un plan d'ensemble, dans lequel je suis venu zoomer dans les cases suivantes. Le petit garçon, puis sa vue subjective (la pluie qui tombe). La petite fille et sa vue subjective (un chariot au loin). Et enfin la maman. En passant d'une case à l'autre, on sent le temps qui passe, même si c'est statique. À ce moment de l'histoire, on ne connaît pas encore tous les personnages, et cela me permettait d'amener les deux derniers (le père et la grande sœur) tout en montrant une inquiétude générale.

Une fois le découpage finalisé vient le dessin, pour lequel j'ai dû énormément me documenter. Car quand j'ai eu l'idée de cette histoire, je voulais la situer dans l'Ouest américain. Il me fallait donc être crédible pour les décors du Far West, les vêtements, les objets... Mais aussi pour la pluie, les nuages, le vent... J'ai beaucoup observé les éléments naturels pour essayer de les synthétiser le mieux possible avec ma technique à l'aquarelle. »


Le plein de Vehlmann

Fabien Vehlmann est au coeur d’une exposition autour de certains de ses albums. On vous offre l’occasion de réviser.


Une autrice, une planche (2/2)

Commenter une planche, c’est commencer à entrer dans une œuvre.

À BoDoï, on adore Impénétrable d’Alix Garin. Bonne nouvelle, elle sera exposée dans l’expo collective “Voir à travers soi”, aux côtés notamment de Claire Braud ou Aude Mermilliod. Retour sur son album (dont quelques pages se déroulent à BD à Bastia!), avec le commentaire d’une planche par son autrice.

Propos recueillis par Rémi I.

« Impénétrable est un récit sur le désir du corps, mais surtout le désir de vivre. Comment s’affranchir de ce qu’on croyait établi, trouver en soi la force d’avancer, ne pas laisser le passé gagner ? Cette planche résume ce voyage intérieur, son audace et sa joie.

C’est difficile de dessiner ses fantasmes, parce que c’est ce qu’il y a de plus intime ; et c’est ce qui m’a motivé à le faire. Pour représenter la forme que peuvent prendre les fantasmes d’une femme, parce que c’est injustement rare.

Surtout, j’aime chercher des solutions graphiques pour représenter des idées abstraites, et pour amplifier l’évocation de sensations qui ne se représentent pas : le désir, la douleur, les traumas, les croyances… Par ailleurs, le décor de cette page est celui du trajet que je fais à vélo tous les jours pour aller au boulot. Ça me tenait à cœur de dessiner ces lieux qui façonnent mon quotidien, et qui font de Bruxelles ce qu’elle est ; belle et moche à la fois, en mutation constante. C’est un personnage secondaire discret, mais présent. »


Conseil d’amie

Le coup de coeur d’une autrice ou d’un auteur de bande dessinée pour un album.
Par Mathilde Loire.

Aude Bertrand, dont des planches de Au travers du rayon sont présentées dans le cadre de l’expo collective “Bande des cinés”, vous conseille Gogoplata, de Sophie Couderc, publié aux éditions Magnani (et ça tombe bien, car Julien Magnani est aussi exposé dans “Bande des cinés”).

« C'est un mélange de science-fiction et d'aventure sportive : l'histoire d'une jeune athlète du futur, qui se lance dans un tournoi d'arts martiaux. Celui-ci est important : la personne qui le remporte participera à une mission spatiale pour sauver l'humanité ! Dans ce premier tome (sur trois), on suit le tournoi jusqu'à la finale, et la suite portera sur la mission spatiale.

Je suivais déjà le travail de Sophie Couderc, qui fait des fanzines et de l'illustration, et travaille beaucoup au pastel. J'avais beaucoup d'attentes… Et j'ai trouvé ça génial ! J'aime les récits de genre, même si je ne lis pas tant de science-fiction. Mais là, le mélange avec le domaine des arts martiaux est précis, bien documenté. La BD parle aussi de religion et de notre rapport aux icônes… J'ai été émerveillée par le dessin imaginatif. L'autrice a beaucoup travaillé le physique de ses personnages, et l'histoire est vraiment prenante. C'est un vrai récit façon blockbuster, mais avec un style original. »


À (re)lire sur le site….


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