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La Douille · Aug 9, 2026

#71 - Fichier clients : Adjugé, pas vendu [REDIFF]

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VOLKANE · La Douille

Nous y voilà.

Comme annoncé avant de disparaître, La Douille passe en mode rediffusion cet été.

Pas de nouvel épisode aujourd’hui donc, mais un épisode que la quasi-totalité d’entre vous n’a jamais lu. Quand nous l’avons publié, nous étions une poignée. Vous êtes aujourd’hui plus de 3 600.

La Douille, c’est la newsletter qui raconte au monde le droit des affaires. Un dimanche sur deux.

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Si vous souhaitez plus de contenus :

  • Guide : Tout savoir avant d’acheter ou vendre un SaaS

  • Guide : Recruter en conformité avec le RGPD

  • Guide à lire avant de s’associer avec un CTO

  • Guide : Ne pas se faire concurrencer son activité par celui qui vous l’a vendue

  • Programme audio : Vendre un SaaS en maximisant sa valeur

  • Quizz : Mesurez votre niveau de préparation à la vente de votre SaaS

C’est à cela qu’on pense quand une entreprise annonce sa liquidation.

En France.

Aux USA, on parle d’« happy failure »

C’est le message sur lequel a surfé Mona Boujtita, la fondatrice de Resap ces dernières semaines.

Depuis qu’elle a annoncé la liquidation, elle profite de la visibilité que lui apporte cet happy failure pour rebondir encore plus haut.

Des histoires de liquidation, il y en a plein.

Et aujourd’hui, on vous raconte l’histoire de la liquidation de Camaïeu car elle est assez incroyable.

On imagine que vous connaissez, mais au cas où : Camaïeu c’est une entreprise d’habillement féminin créée dans les années 80. Dès les années 90, elle commence à avoir des problèmes de rentabilité. Les repreneurs se succèdent.

En 2020, elle est placée en redressement judiciaire mais est rachetée pour 2 euros symboliques. Le repreneur promet d’injecter au moins 20 millions d’euros pour éviter la fermeture des 500 points de vente et le licenciement de milliers de salariés.

Finalement, entre le covid et une attaque informatique de grande ampleur, elle replonge début 2022 avec une mise sous redressement judiciaire. Dans les mois qui suivent, elle est placée en procédure de liquidation.

Il y a beaucoup de soupçons sur la façon dont les dirigeants ont géré la boite dans l’opinion publique. 

Pour payer les 69 millions de dettes, une vente aux enchères des stocks est lancée. C’est un process classique dans la liquidation mais les dirigeants ont une idée en plus assez originale.

Ils décident de tenter une vente aux enchères du fichier prospects de Camaïeu. Leur fichier de prospects, c’est entre 3 et 4 millions de coordonnées qualifiés.

Et ça… Cela intéresse fortement les concurrents.

Sur le marché de la prospection, un contact de prospect peut se vendre jusqu’à 40 centimes par contact.

4 millions de contacts * 0,4cts ça rajoute une enveloppe à plus de 1 600 000€.

La mise à prix du fichier prospects est annoncée à 500.000 euros.

Cette bonne idée est très médiatisée.

Par contre, les clients ne sont pas hyper contents et le slogan « je ne suis pas à vendre » commence à tourner sur les internets.

A tel point qu’en décembre 2022 ça remonte aux oreilles de la CNIL qui se saisit immédiatement du sujet. Elle publie immédiatement une fiche pour rappeler les règles quand on veut vendre un fichier client (on n’est pas des sauvages ici).

La CNIL vient rappeler à Camaïeu et à tous les autres que son idée est trop super mais qu’il va falloir se calmer :

  • Interdit de vendre les données des clients qui n’ont rien acheté depuis plus de 3 ans

  • Interdit de vendre les numéros de téléphone et adresses postales sans vérifier si ces personnes ne se sont pas opposées à ce qu’un tiers à Camaïeu accède à leurs données

  • Interdit de vendre les emails sans vérifier si ces personnes ont accepté qu’un tiers à Camaïeu accède à leurs données

Ça a dû faire beaucoup pour Camaïeu car dans les jours qui ont suivi, elle a annoncé renoncer au projet de vente de son fichier prospects.

Dommage !

Tout ça parce que la conformité au RGPD n’a pas été gérée dès le départ. Ça aurait pu doubler le prix de reprise : c’est le groupe Celio qui a racheté les marques et le nom de domaine pour 1,8 millions d’euros.

Et d’ailleurs, la rumeur court que Celio va faire renaître Camaïeu de ses cendres cette année. [Edit : visiblement, ce n’est pas arrivé…]

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Read the original on volkane.substack.com

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