RSS Amplifier

Bien ou Bien · May 22, 2026

Le CO₂ passe à la caisse 🏭

0
Sign in to vote or save

Bien ou Bien · Bien ou Bien

Bonjour à toutes et à tous,

Retour à un rythme normal ! On revient à notre jour d’envoi habituel, le vendredi, journée généralement assez joyeuse marquant le coup d’envoi du week-end. Aujourd’hui, on va vous parler de finance. Si vous imaginez directement un tableau Excel sans fin ou un type en costard qui crie dans son téléphone : ne fuyez surtout pas, on va en parler très simplement.

Vous vous êtes déjà demandé où était redirigée votre épargne ? Si on force le trait, votre argent peut financer une plateforme pétrolière OU une forêt de chênes (on préfère l’option avec des écureuils).

Parce que l’argent, c’est le nerf de la guerre, mais c’est aussi et surtout un moteur de transition. Eh oui, les ressources financières peuvent aussi être allouées à des projets visant à faire face au changement climatique.

Plus précisément, on va explorer un sujet dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler. Mais qui est un pilier particulièrement efficace de la stratégie climatique de l’Union européenne (UE)… On ne vous en dit pas plus, bonne lecture !

Cette newsletter a été réalisée en partenariat avec Homaio.

Cette newsletter ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir comporte des risques, notamment de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Faire payer les industries pour leurs émissions de gaz à effet de serre, c’est le principe du Système Européen d’Échange de Quotas (SEQE-UE), un mécanisme mis en place par l’Union européenne en 2005.

On le sait, les émissions de CO₂ entraînent des coûts pour la société toute entière : catastrophes climatiques, pertes agricoles, problèmes de santé, migrations forcées… Pour contrebalancer toutes ces conséquences négatives, ce système européen fait payer l’émetteur ET finance des projets autour de la transition écologique. Pas mal, non ?

Première équation simple : 1 quota = le droit d’émettre 1 tonne de CO₂ par an.

Un quota est un titre financier émis par l’Union européenne, négociable et transmissible, dont la valeur est fixée par un équilibre entre l’offre et la demande (pardon si on vous replonge soudain dans vos cours d’économie du lycée avec Madame Martin).

Les entreprises concernées peuvent acheter des quotas auprès de la Commission européenne ou les échanger avec d’autres participants.

Concrètement, chaque année, les entreprises polluantes doivent restituer à la Commission européenne un nombre de quotas équivalent à leurs émissions (sous peine d’amende !).

Mais évidemment, l’idée est de les inciter aimablement à décarboner (c’est à dire diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre)… Alors, tous les ans, l’Union européenne réduit le plafond d’émissions de CO₂ qui pourront être émises. Le nombre de quotas disponibles diminue. Mécaniquement, la valeur des quotas augmente.

Et c’est là que ça devient intéressant : cela coûte de plus en plus cher d’acheter des quotas. Les industries sont donc fortement incitées à plutôt mettre des sous dans la décarbonation pour éviter le coût croissant des émissions. Les solutions bas carbone deviennent plus compétitives ! Et c’est gagné…

Le système couvre pour le moment 40% des émissions de l’UE, soit plus de 11 000 sites industriels. Logique, il s’agit des industries les plus généreuses en émissions dans l’atmosphère : production d’énergie, fabrication d’acier et de ciment, transport maritime, aviation…

Les chiffres sont là :

  • Moins de CO₂ : depuis 2005, les émissions de CO₂ des industries soumises au système ont baissé de 50%.

  • Plus d’argent pour la transition : 38,8 milliards d’euros en 2024 ! En effet, les recettes générées par la vente de quotas d’émissions sont utilisées par les États européens pour financer des projets liés aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique et à la décarbonation.

Pendant quasiment 20 ans, le marché des quotas d’émission européen n’a pas été ouvert aux particuliers. Depuis 2024, c’est chose faite, grâce à notre partenaire Homaio.

Vous voulez en savoir plus ? On a posé quelques questions à Valentin Lautier, fondateur d’Homaio, la seule plateforme d’investissement spécialisée dans les quotas carbone.

L’idée est née autour des années 2018/2019. À l’époque, je ne connaissais absolument rien au marché des quotas d’émission. Mais je commençais à réfléchir à mes placements et investissements. Je cherchais autour de deux critères : des produits performants (l’objectif n’est pas de perdre de l’argent !), avec un impact réel sur les trajectoires de décarbonation.

Je suis tombé un peu par hasard sur un article décrivant le marché des quotas d’émission. Je n’en avais jamais entendu parler ! Je comprends alors que ce mécanisme de tarification des émissions a déjà généré une réduction rapide et massive des émissions de gaz à effet de serre en Europe. Tandis que le cours des quotas grimpe, les émissions baissent à grande échelle. Et bien sûr, je trouve ce principe super intéressant, au point de vue économique, philosophique, sociétal, social et politique !

À ce moment-là, je me dis, ok, c’est un peu le graal de la finance climatique, je veux investir. En creusant, je me rends compte que c’est impossible. Notre arme principale pour lutter contre le réchauffement climatique n’était pas accessible aux particuliers. Il y avait donc une énorme opportunité : ouvrir ce marché aux investisseurs privés. Et c’est ainsi qu’après beaucoup de travail, la plateforme est née en 2024.

Découvrir Homaio

La base, c’est que les incitations économiques sont les plus efficaces pour réorienter les décisions des entreprises… Si vous avez émis 5000 tonnes de CO₂ dans l’année à la fin de l’année, vous devez restituer 5000 quotas. Vous pouvez acheter ces quotas auprès de la Commission européenne. Mais comme chaque année, il y a de moins en moins de quotas disponibles, c’est les chaises musicales ! À chaque tour, cela devient plus difficile. On est passé d’environ 2 milliards de quotas disponibles en 2005 à environ 1 milliard en 2025.

Donc, chaque industrie va se demander s’il est plus intéressant d’acheter des quotas de plus en plus cher ou d’investir dans des solutions qui permettent de décarboner sa production. Aucun mécanisme n’a eu cette capacité de réduction des émissions si rapide et à si grande échelle ! Cela constitue le pilier de la stratégie climatique, mais aussi énergétique, industrielle, géopolitique de l’Europe depuis 20 ans.

“Aucun mécanisme n’a eu cette capacité de réduction des émissions si rapide et à si grande échelle !”

Et ce qui est intéressant aussi, c’est que les quotas ne s’appliquent qu’aux industries émissives. Donc les industries qui ont déjà décarboné leur production (véhicules électriques, pompes à chaleur, panneaux solaires, éoliennes…) sont de plus en plus compétitives au fur et à mesure que le cours des quotas augmente.

C’est un marché très dynamique, qui dépend d’une offre (fixée à l’avance par l’UE) et d’une demande (liée aux besoins des industriels, énergéticiens et transporteurs qui doivent acheter ces quotas). Mais vous ne pouvez pas y accéder directement en tant que particulier. C’est là que nous intervenons, comme une interface : nous sommes connectés au marché sur lesquels les quotas s’échangent. On “encapsule” ces quotas dans des titres financiers accessibles aux investisseurs privés.

Nous émettons des obligations simples, dont la valeur est systématiquement adossée à celle d’un quotas. Vous pouvez acheter et vendre ces obligations sur la plateforme Homaio de manière instantanée. Exactement comme pour une action L’Oréal ou un Bitcoin !

Voir la plateforme d'investissement

Comme la quantité de quotas disponibles est plafonnée, c’est un peu comme une pizza. Si vous prenez une part, il en reste moins pour les autres ! Donc, si vous achetez un quota, vous réduisez le total des émissions disponibles pour les industries pour l’année en cours. C’est un effet confiscatoire.

Ensuite, comme vous retirez une partie de l’offre, vous mettez la pression sur cette offre et les prix augmentent. Et plus le prix des quotas est élevé, plus les industriels sont incités à décarboner. Dans les industries assujetties, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 50% en 20 ans.

De plus, comme les quotas sont des titres financiers émis par l’Europe, cela génère des recettes, redistribuées pour financer les stratégies de décarbonation. Ces recettes représentent à peu près 250 milliards d’euros depuis 20 ans. C’est une vraie source de financement public.

“Dans les industries assujetties, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 50% en 20 ans.”

On essaie donc d’activer ce mécanisme en créant une demande supplémentaire de la part des investisseurs privés, des particuliers, in fine électeurs et électrices et les premiers concernés !

Structurellement, le marché est haussier grâce à la décroissance de l’offre des quotas : plus les quotas deviennent rares, plus leur prix augmente ! Le prix du quota a augmenté de 25 % par an au cours de la dernière décennie. Notre estimation pour la suite est de +12% à +16% par an de croissance projetée d'ici 2030.

En revanche, sur des temps courts, c’est un marché très volatile. L’offre est fixée à l’avance par la Commission européenne, mais la demande des industriels fluctue en fonction de nombreux facteurs : production industrielle, météo, prix des matières premières, situation géopolitique…

Donc, pour un investisseur, l’idée c’est de viser le moyen terme pour s’exposer à cette décroissance de l’offre, tout en ayant un maximum d’impact, pas forcément de trader au quotidien !

📅 Les experts Homaio sont là pour vous aider à mieux comprendre le marché carbone. N’hésitez pas à prendre rendez-vous (c’est gratuit !).

Je prends rendez-vous

Demain, je veux investir, comment est-ce que je me lance ?

Pour démarrer, il suffit de créer un compte et de se laisser guider. L’investissement minimum est de 1000 € (en choisissant un nombre de quotas rond, on ne peut pas acheter une fraction de quota !).

Le code BIENBIEN26 réduit les frais d’entrée et de gestion à 1% et la période minimale de détention à 3 mois (au lieu de 6 mois). Un code à entrer lors de votre premier investissement, dans le champ prévu à cet effet.

👉 J’y vais

Investir comporte des risques, notamment de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Le système européen des quotas d’émission carbone est donc aussi bien utile pour récolter des budgets en faveur de la transition écologique. D’accord, mais en pratique, ça donne quoi ? Voici deux exemples de projets en partie financés par le SEQE-UE.

🏠 Plus d’efficacité énergétique. Vous connaissez sans doute MaPrimeRénov’, ce programme français destiné à encourager la rénovation énergétique des logements. Cette aide peut financer des travaux d’isolation, de chauffage et de ventilation… Pour réduire, in fine, les émissions de gaz à effet de serre des maisons et appartements.

🔥C’est chaux. Direction l’Allemagne : le projet EVEREST vise à réduire les émissions dans la production de chaux, jusqu’à - 70% ! Et ce grâce à un nouveau procédé de calcination et à la capture du carbone. Une technologie innovante, mise en œuvre dans la plus grosse usine de chaux d’Europe !

On espère que cette newsletter vous a plu et éclairé sur ce sujet un peu technique mais passionnant ! De notre côté, on a appris plein de choses sur ce système de quotas carbone, qui résonnait auparavant à nos oreilles comme un mot flou et lointain…

À la semaine prochaine pour le retour à un format classique : on va parler de (bon) café et de vélo…

Si vous avez loupé notre dernière newsletter, retrouvez ici 20 idées de cadeaux pour fêter vos parents (et qui vous voulez). Il est encore temps !

Bon week-end,

Lucie et Fiona

Read the original on bienoubien.substack.com

Comments

Nothing yet. Say the first thing.

    Sign in to join the conversation.