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Bertrand Scholler | 55Bellechasse Media · Aug 21, 2026

Le piège consiste à te faire croire que reconnaître l’humanité de celui que tu combats revient à excuser ce qu’il a fait. C’est faux.

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Bertrand SCHOLLER · Bertrand Scholler | 55Bellechasse Media

QUI TIENT LE PROJECTEUR ?
Empathie, algorithmes et fabrique de la barbarie
Musk, Arendt, algorithmes et mécanique de la barbarie
Ne ratez pas en toute fin de lettre, l’échange entre Orion et le Pèlerin …
Angers / Angers / Angers
22 et 23 aout - possibilité de camper des le 21 août ou de dormir dans un réfectoire ;-) (prévoir matelas !)
Contact bertrand@55Bellechasse.com
Extrait : « Si je te donne un nom, tu risques de passer les dix prochaines années à essayer de prouver que tout vient de lui. Chaque événement deviendra une confirmation. Chaque contradiction deviendra la preuve qu’il dissimule encore mieux son pouvoir. Et chaque personne qui te demandera des preuves deviendra suspecte. »
Elle passe ensuite par une phrase d’Elon Musk, une autre faussement attribuée à Hannah Arendt, un mot que nous croyons tous comprendre — l’empathie — puis par les médias, les réseaux sociaux et ces algorithmes qui apprennent chaque jour un peu mieux ce qui nous fait aimer, haïr, pleurer, partager ou détourner les yeux.
À première vue, tout cela semble assez éloigné.
Ça ne l’est pas.
Car au bout du chemin apparaît une phrase tellement ancienne que nous avons presque cessé de l’entendre : DIVISER POUR RÉGNER.
Nous connaissons tous la formule. Nous regardons pourtant presque toujours du mauvais côté.
Nous cherchons ceux qui sont divisés.
La gauche contre la droite. Les Russes contre les Ukrainiens. Les Israéliens contre les Palestiniens. Les croyants contre les athées. Les vaccinés contre les non-vaccinés. Les progressistes contre les conservateurs. Les riches contre les pauvres. Les jeunes contre les vieux. Et désormais parfois deux personnes regardant exactement le même événement mais auxquelles leurs écrans ont montré deux réalités presque incompatibles.
Nous observons les divisions.
Mais beaucoup moins ce qui les produit, les entretient, les amplifie et parfois en tire profit.
Or la véritable question contenue dans « diviser pour régner » n’est peut-être pas : Pourquoi sommes-nous divisés ?
Elle est : Qui divise ?
Qui choisit les images que nous voyons ? Qui décide de celles qui seront répétées mille fois et de celles qui disparaîtront ? Qui transforme une victime en visage et une autre en statistique ? Qui connaît suffisamment nos émotions pour savoir quelle peur réveiller, quelle colère nourrir, quelle injustice nous montrer et quel ennemi lui associer ? Qui construit les architectures techniques dans lesquelles circulent désormais nos indignations ? Qui possède les médias, les plateformes, les données, les algorithmes, les relais politiques, économiques ou institutionnels ? Et, surtout, qui gagne lorsque nous cessons de parler entre nous parce que nous sommes devenus persuadés que celui d’en face n’est plus simplement quelqu’un qui se trompe, mais quelqu’un de mauvais ?
Attention cependant : poser la question ne signifie pas avoir déjà trouvé la réponse.
Ce serait retomber immédiatement dans le piège.
Il n’existe probablement pas un homme derrière le rideau, une organisation, un peuple ou un bouton rouge commandant toutes nos divisions. Les intérêts peuvent converger, les pouvoirs se concurrencer, les États manipuler, les entreprises optimiser l’attention, les militants sélectionner leurs faits et chacun d’entre nous devenir à son tour le petit propagandiste bénévole de son propre camp.
C’est justement ce qui rend l’enquête passionnante.
Et terrifiante.
Car peut-être que la domination moderne n’a même plus besoin de nous dire quoi penser.
Il lui suffit de décider à quoi nous allons penser.
Puis de laisser nos émotions accomplir le reste.
Alors cette lettre parlera de Lenoci. De Musk. D’Arendt. D’empathie. D’algorithmes. De barbarie. De cette étrange facilité avec laquelle nous défendons des principes universels jusqu’au jour où l’on place devant nous quelqu’un que nous détestons suffisamment pour accepter qu’ils ne s’appliquent plus à lui.
Mais derrière tous ces sujets se cache finalement une seule question. Qui tient le projecteur ?
Qui choisit celui que nous allons aimer et celui que nous allons haïr ?
Qui transforme notre empathie en frontière ?
Qui nous épuise jusqu’à ce que nous abandonnions même l’idée de comprendre ?
En un mot : QUI DIVISE ?
Je ne prétends pas avoir la réponse.
Mais je crois désormais que chercher sérieusement à la trouver — sans choisir la réponse avant l’enquête, sans remplacer les preuves par nos obsessions et sans accorder d’immunité à notre propre camp — constitue peut-être l’une des petites chances qu’il nous reste.
Parce que si quelqu’un parvient à nous faire haïr suffisamment les uns les autres, il n’a plus besoin de nous vaincre.
Nous nous en chargeons nous-mêmes.
Et comprendre qui bénéficie de cette division, qui l’alimente et par quels mécanismes elle se propage, c’est peut-être donner une petite chance supplémentaire à quelque chose qui en manque singulièrement aujourd’hui :
l’humanité.
SUITE CI-DESSOUS
Ne dites jamais … « OUI, MAIS C’ÉTAIT UN MONSTRE… »
Car c’est le moment où nos principes cessent d’être universels… et nous sommes en pacte avec le diable !!!
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Ce matin, je vous ai emmenés à Lascaux (cf ma nouvelle lettre du SUBSTACK de la Table Rouge, lien en fin de lettre). Nous y avons découvert une synagogue vieille de 175 000 ans.
Évidemment, elle n’existait pas. C’était un conte. Une absurdité volontaire. Une expérience intellectuelle destinée à observer quelque chose de beaucoup plus sérieux : à partir de quel moment cessons-nous de discuter du mensonge initial pour commencer à débattre très raisonnablement de ses conséquences ?
Une synagogue à Lascaux. Puis un site archéologique. Puis une route à déplacer. Puis des permis. Puis une population à laquelle on explique qu’elle pourra naturellement continuer à cultiver ses terres, à condition de remplir les bons formulaires. Et, quelque part à Bruxelles, quelqu’un finit par saluer les progrès administratifs accomplis. C’était grotesque. C’était précisément pour cela que cela fonctionnait.
Car une fois le rire passé, restait une question beaucoup moins drôle : combien de choses que nous considérons aujourd’hui comme normales nous auraient paru aussi absurdes, aussi injustes ou aussi monstrueuses si elles nous avaient été présentées d’un seul coup ?
C’est …
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