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berlindetoi (La Newsletter) · Jul 26, 2026

Bien préparer ses interviews de podcast - Pt. 2

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Gabrielle · berlindetoi (La Newsletter)

Dans le premier article de cette série consacrée aux coulisses de mon podcast berlindetoi, je vous proposais un angle pratiquo-pratique en listant l'ensemble des coûts liés à la production :

J'ai commencé par la forme, parce qu'étonnamment, ce sont les frais engagés qui m'ont prise de court, et non tout ce qu'impliquait la préparation des interviews. J'avais une idée assez précise en tête et j'ai décidé de suivre mon intuition.

De mes observations, il existe trois grandes familles de podcast : les interviews, les introspections (en solo ou à plusieurs, mais toujours les mêmes intervenants) et les enquêtes.

En 2026, et invariablement à toutes les époques je vous (r)assure, tout a déjà été dit, étudié, entrepris. Ecartons donc d'office cette pression de la nouveauté. Ce qui nous reste, c'est maintenant et les personnes en présence.

Pour berlindetoi, j'ai choisi comme format de prédilection l'interview : j'y trouvais un excellent moyen de rencontrer de nouvelles personnes et d'élargir mes horizons par la voix et voie de personnes passionnées.

Mais choisir ne veut pas automatiquement dire se limiter. J'avais envie de tester d'autres formats, alors de temps à autres, j'ai enregistré des "bonus" solo au micro (retour d'expérience, partage de favoris), mais aussi une "masterclass" avec Inès Kassubeck, enregistrée lors d'un festival de podcasts, ainsi qu'un calendrier de l'Avent franco-allemand avec l'artiste Berlianne, parce qu'après tout, Why Not?

Tout cela pour dire qu'un podcast finalement c'est comme un Substack ou n'importe quel autre média d'expression : un média, un espace dont vous êtes maître de changer l'agencement, et de tester des formats différents.

A posteriori c'est bien la création d'une image de marque qui s'est révélée importante. Je ne crois pas vraiment à la nécessité de rester dans une niche pour attirer et retenir une audience, au contraire.

En même temps, il est nécessaire que les gens trouvent un point d'accroche quand ils ne vous connaissent pas encore, qu'ils se retrouvent dans ce qu'ils pensaient éventuellement découvrir, sans se sentir floués, et qu'ils se laissent, au détour d'un article, surprendre par les divergences inattendues.

Les piliers de contenu sur lesquels se baser pour créer sont un outil éminemment pratique. Toutefois et ne nous leurrons pas, les découvrir et les étoffer requiert du temps et de l'expérience. Comme un artisan, c'est en forgeant qu'on devient forgeron et vous prendrez plein de détours inattendus avant d'arriver où que ce soit.

Le plus important, comme souvent, c'est de commencer.

Sous couvert de sérieux et de visibilité, on nous bassine avec l'idée qu'il faudrait être régulier. Que les auditeurs potentiels sont des personnes d'habitude et que si vous ne les tartinez pas de contenu, ils auront tôt fait de vous oublier.

Il se trouve qu'on apprécie les gens pour la qualité de leur contenu plus que pour leur régularité. Comme cette copine que vous adorez et que vous ne retrouvez qu'une fois tous les six ans. L'un n’exclut évidemment pas l'autre, mais il peut être épuisant de chercher la visibilité pour la visibilité et se rendre compte a posteriori qu'elle n’apporte en rien les solutions escomptées.

L'envers du décor cependant : maintenir un rythme de publication d’épisodes podcast (pour ma part, en moyenne deux par mois) a surtout stimulé mon muscle d'interviewer : multiplier les essais, diversifier mon expérience et enrichir mes capacités. Plus qu'augmenter mon audience, la régularité m'a fait travailler moi-même.

Dans cette mise en mouvement, j'ai également découvert qu'il m'était bénéfique de toujours avoir une interview d'avance. Un potentiel invité, un sujet que je souhaitais couvrir, un thème que je voulais aborder. Un engagement qui permet de ne pas lâcher l'affaire.

Nous avons un cadre, nous nous sommes libérées de potentielles tensions liées à la régularité, penchons-nous sur le fond.

J'ai toujours été intéressée par les histoires des autres, peu importe leur sensibilité ou leur renommée. J'aime les gens qui s'appliquent à faire les choses au mieux de ce qu'elles le peuvent, avec du coeur, de l'attention et de l'intelligence. J'ai une passion pour ceux qui accouchent de quelque chose dans le monde, par du travail et de la passion.

Comme axe de podcast, j'avais donc choisi trois critères de sélection d'interview : des personnes qui habitent à Berlin, qui font quelque chose qui les passionne et qui ont envie d'en parler.

Vous l'avez découvert dans le premier épisode de cette série, la charge financière était partagée entre les parties. Le participant avait donc tout intérêt à pouvoir en retirer un avantage d'une façon ou d'une autre. J'aime ce modèle qui a le mérite de dire les choses et de poser un cadre clair pour échanger.

En avant donc pour la prospection. Mon levier principal d'échange n'était pas la visibilité, mais bien de proposer une expérience exceptionnelle. Malgré la prolifération des podcasts, peu de personnes ont eu l'opportunité de participer à l'un d'entre eux. J'ai découvert que ce que j'aimais, c'était les gens qui participaient à un podcast pour la première fois.

Plus j'ai enregistré d'épisodes, plus les participants sont devenus hors du commun. La parole s'est faite encore plus libre, l'aisance partagée, et chacun est reparti avec la satisfaction d'une expérience unique et une chouette histoire.

Tout n'a pas été rose, et j'ai eu quelques ratés. J'espère avoir été à la hauteur de ces participants déçus pour expliquer que je ne me sentais pas capable de mener certaines interviews, parce que nos sensibilités s'éloignaient et que les conditions ne seraient pas réunies pour produire un échange de qualité.

Dans une de ses nombreuses interviews, Lauryn Bosstick expliquait qu'elle préparait une interview en la visualisant. Et je me suis rendue compte à posteriori que c'était également ma manière de travailler : me renseigner, en avalant des tonnes de données différentes puis laisser le tout maturer. Laisser mon esprit vagabonder sur l'infini des sujets possibles, et choisir un angle pour entamer la discussion, poser deux trois jalons d'avance et savoir où je voulais aller à la fin.

En interview, je suis incapable de regarder ou lire mes notes (exception faite pour Monsieur l'Ambassadeur puisque nous étions deux et que Hélène est journaliste professionnelle, me faisant profiter de son expérience). Nous enregistrons entre 1h30 et 2h00, les yeux dans les yeux. J'ai toujours en tête une question d'avance, un oeil sur mon écran avec le nombre de minutes écoulées et l'heure en vue pour construire mentalement mon chemin d'interview et savoir quand s'arrêter.

Et vous-même. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, une discussion enregistrée n'est pas menée dans les mêmes termes et conditions qu'une discussion parlée. L'art est de donner l'impression d'une facilité d'écoute, d'être plongée dans une intimité, mais cela ne fonctionne que si quelques astuces sont appliquées.

Les « euh » et autres expressions langagières sont à bannir. On les perçoit peu dans une discussion en direct, mais elles sont étrangement détonnantes dans une conversation enregistrée. De même, interdiction de se couper la parole, ce qui est encore plus insupportable quand on écoute sans image. Et finalement, pour les personnes à tendance bavarde et excitées de tout savoir : ne poser qu'une seule question à la fois. Au risque pour tout le monde de perdre le fil.

En espérant vous avoir fourni des éléments pour nourrir vos réflexions, je me réjouirais de découvrir vos propres méthodes d'interviews !

A bientôt,
Gabrielle

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