Parmi les nombreuses news “tech” de l’été, il y en a une qui m’a étonné un peu plus que les autres : le départ soudain de Linda Yaccarino, la directrice générale de X (qui a rebondi depuis dans le secteur de la santé, si jamais vous vous inquiétiez pour elle).
Une annonce anecdotique dans la vie pour le moins chaotique du réseau social depuis son rachat par Elon Musk ? Peut-être.
Mais j’avais eu l’occasion de l’écouter, en petit comité, à peine quelques semaines plus tôt à Cannes, lors des “Lions”. Non sans cynisme, elle y défendait bec et ongles son bilan, assurait que tout se passait bien avec Elon Musk et ne semblait absolument pas sur le départ… Mais c’était une prestation “à l’américaine” où tout était calculé.
Quoi qu’il en soit, il n’y a aucune raison de s’apitoyer sur son sort. Au contraire, on peut la tenir pour responsable, presque autant que son turbulent patron, de ce qu’est devenu le réseau connu pendant des années sous le nom de Twitter…
J’avoue ressentir une pointe de nostalgie devant cet internet des années 2000/2010 - et je ne suis pas le seul, loin de là.
Certes, tout n’était pas parfait, et ce “Web 2.0” portait en germe les dérives dont on a été témoins ensuite. Mais Twitter était quand même un espace un peu à part, où il était facile de partager, d’échanger et de rentrer en contact avec les gens. J’aurais du mal à compter les rencontres suscitées par Twitter et tout ce qu’elles ont déclenché - comme mon premier stage dans le journalisme, par exemple.
Et je ne parle même pas du formidable outil de veille que c’était, avec son accès ultra-facilité à l’information, en temps réel, sans filtre (là encore, non sans travers, bien sûr). Pendant des années, Twitter a été pour moi un outil du quotidien, incarné qui plus est par des figures familières. Même si ce fil d’actualité qui se mettait à jour en continu était totalement addictif, il l’était quand même moins que les vidéos TikTok et autres Reels Instagram qui constituent le web actuel.
Aujourd’hui, pour ma veille, les newsletters ne l’ont que partiellement remplacé. Les quelques flux RSS qui restent accessibles n’ont pas la même saveur. Heureusement, la nature a horreur du vide et il y a d’autres canaux, plus privés - à commencer par les groupes Whatsapp - qui ont pris le relais. Mais ce n’est pas pareil.
Mon propos n’est pas de dire “c’était mieux avant” (même si ça l’était, évidemment !), mais plutôt de poser la question : où et comment retrouver ce qui faisait la force de Twitter à une certaine époque ? À savoir son accessibilité, son ouverture, sa qualité d’information (à condition de choisir les bonnes sources) et la possibilité de débattre de façon à peu près civilisée…
Ou tout cela a correspondu à une (courte) période de l’histoire du web qui ne reviendra de toute façon pas ? Voire qui n’a peut-être même jamais vraiment existé… Et si j’avais seulement eu la chance de ne pas me retrouver confronté aux affres de cette plateforme - au hasard, harcèlement, désinformation, bots - enfermé que j’étais dans ma “bulle de filtre” ?
Benoit Zante
Journaliste spécialisé dans la tech et l’innovation depuis 15 ans maintenant, vous pouvez me retrouver chaque semaine dans la newsletter (payante) Maddy+ de Maddyness. Mais aussi chez Minted, Socialrama ou dans la rubrique business de PureMedias. Et bien plus encore.

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