Salut à toi !
J’espère que tu vas bien ! Avant d’aller plus loin, deux actus à suivre, si jamais tu ne les as pas vues passer :
Cet été, je te propose un autre regard sur un épisode passé dans Histoires d’Argent, avec un décryptage de mon œil de coach spécialiste de la relation à l’argent.
Après avoir passé en revue l’épisode de Claire, la radine qui s’empêchait de se faire plaisir, je voudrais te parler cette semaine d’une paire de lunettes, et l’impact qu’elle a eue sur Charlie.
Charlie est passée à mon micro en juin 2024. L’épisode se trouve ici, sur mon tout nouveau site dédié au podcast Histoires d’Argent 👀 → Charlie, ses prêts à la conso, son découvert (et sa honte) malgré un revenu de 4000€
Elle m’a raconté plein de choses, mais son souvenir d’enfance m’a marqué et comme pour beaucoup d’entre nous, en dit long sur sa relation à l’argent.
Charlie était dans une école privée, avec des mômes riches, qui avaient tous les signes extérieurs qui vont avec.
De son côté, elle se percevait comme “la pauvre parmi les riches”. Jusqu’au jour où ses lunettes se sont cassées, où un des verres s’est désolidarisée de la monture. Charlie a gardé ces lunettes pétées pendant un an et demi.
Imagine-toi : 18 mois avec un œil sans verre, myope comme une taupe et toutes les humiliations qui vont avec : elle bricole ses lunettes en plein cours, les profs notent dans son cahier qu’elle ne met pas ses binocles (tu m’étonnes).
Elle ne les met pas parce qu’elle a honte. Et sa mère refuse de les remplacer parce que “c’est trop cher”… tout en achetant, à côté, des trucs qu’elle jugeait, elle, importants.
Voilà pour le contexte. Garde-le en tête.
Aujourd’hui, Charlie a la quarantaine, gagne 4000€ par mois et bosse dans la finance. Une situation a priori confortable.
Mais Charlie a trois crédits à la consommation en cours et un découvert d’environ 1200€ chaque mois.
Elle a eu du courage de venir me partager son témoignage, car elle est venue au micro avec une grosse dose de honte.
« Je bosse dans la finance, c’est étrange de débarquer en disant j’ai trois crédits et je suis à découvert tous les mois. »
Tu m’étonnes.
De mon expérience, les gens qui bossent dans la finance ne sont pas exempts de problèmes relationnels avec l’argent, au contraire : venir travailler et développer une expertise dans le domaine, c’est inconsciemment une façon d’y mettre du contrôle.
Là où ça devient “intéressant”, c’est que Charlie ne galère pas.
Elle me l’a dit clairement : si elle voulait, elle se serrerait la ceinture et elle en viendrait à bout.
Mais elle n’y arrive pas. Dès qu’il y a de l’argent, il faut qu’il parte. “J’avais les sous à 17h, trois jours après il ne restait rien.”
D’un coup, le lien avec les lunettes commence à prendre du sens : ce qu’on nous a refusé enfant, on se le rejoue adulte.
Charlie a manqué, a été “la pauvre” à l’école, elle s’est vue refuser une paire de lunettes pendant un an et demi… et aujourd’hui, elle passe son temps à “réparer” cette gamine-là, à grands coups de carte bleue.
Elle me l’a dit d’ailleurs sans détour : la Charlie adulte achète pour réparer la Charlie enfant.
Le symptôme le plus parlant ? Elle ne peut pas acheter les pâtes premier prix, même si elle est à découvert.
“Je ne sais pas ce que je projette là-dedans”, m’a-t-elle confié.
Moi je crois qu’on le sait très bien : acheter le bas de gamme, ce serait redevenir la pauvre. Pour Charlie, il en est hors de question.
À toutes fins utiles : en plus d’être le créateur et l’animateur de cet incroyable podcast qu’est Histoires d’Argent, je me suis formé au coaching sur le sujet de la relation à l’argent, métier que j’exerce avec passion depuis début 2024.
À mon sens, le problème de Charlie, ce n’est pas ses crédits conso.
Enfin si, financièrement, c’est une plaie. Mais comme souvent avec l’argent, ce n’est pas là que ça se joue vraiment.
Le vrai souci de Charlie, c’est la honte qu’elle pose sur ces crédits à la consommation : quand elle dit “je devrais avoir honte, moi qui travaille dans la finance”, elle se méprend.
Cette honte-là, elle ne parle pas d’argent. Elle parle d’une petite fille qui s’est sentie moins que les autres, et d’une adulte qui dépense plus que de raison pour ne plus jamais ressentir ça.
Tant que Charlie regarde ses crédits, elle tourne en rond. Le jour où elle regardera la gamine aux lunettes cassées, à mon avis, à ce moment-là, ça bougera. C’est pas faute de lui avoir proposé qu’on travaille ensemble mais ça coince niveau budget, forcément 🫠 (sans doute le signe qu’elle n’est pas prête à changer mais c’est un autre sujet).
Parce que l’argent, je le répète à chaque fois, il faut le voir comme un moyen de transaction, un truc neutre, comme un mur blanc sur lequel on projette dessus notre histoire.
Charlie ne dépense pas de l’argent, elle essaie de combler un manque qui n’a rien à voir avec de l’argent : ne plus jamais être « celle qui n’a pas », mais celle qui s’achète des pâtes de luxe même si elle est dans le rouge.
Et aucune paire de baskets, aucun crédit, aucune boîte de pâtes à 4€ plutôt qu’à 1€ ne remplira jamais ce trou-là.
C’est un travail qui se fait à l’intérieur, pas au supermarché.
C’est important de le préciser : Charlie avance et oui, il n’y a pas de fatalité là-dedans.
Elle m’a raconté qu’elle venait de terminer un mois à l’équilibre, pour la première fois depuis des années. Sa façon de le vivre m’a fait sourire : “dans ma tête, j’ai gagné 1200€.”
Elle n’a rien gagné, elle a juste arrêté de creuser. Mais dans sa tête, ne pas dépenser est devenu une victoire. Bien joué, Charlie !
Je te pose la question, à toi qui me lis.
Quelle petite privation d’enfance tu rejoues encore aujourd’hui, sans t’en rendre compte ?
Ça peut être : un truc que tu t’offres en boucle, une catégorie de produits que tu “ne peux pas” acheter au rabais, ou encore ce réflexe de dépenser dès qu’il y a un peu de marge.
Deux pistes que je souffle à Charlie, et que je te souffle aussi :
La prochaine fois que tu dégaines la carte pour un achat “plaisir”, arrête-toi deux secondes et demande-toi ce que tu cherches vraiment. Être reconnu·e ? Te prouver que tu as réussi ? Réparer une vieille frustration ? Nomme le besoin, à voix haute de préférence. Souvent, le simple fait de le nommer vient détendre le réflexe.
La deuxième piste, plus joueuse : tente de faire L’INVERSE. Va expérimenter et acheter (par exemple) le premier prix. Et regarde ce que ça vient remuer en toi. My two cents : si ça vient serrer quelque chose quelque part en toi, c’est peut-être que tu as mis le doigt sur un truc.
Belle semaine, mais avant ça, j’aimerais bien que tu viennes me raconter en commentaire : c’est quoi, ta paire de lunettes cassées à toi ?
Et avant de terminer, les derniers épisodes d’Histoires d’Argent :
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Pluie d’argent, de paillettes et d’abondance sur toi.
Fabrice
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