Netlander

Un r�seau � la surface de Mars

Le projet NetLander consiste � mettre en place � la surface de Mars un r�seau scientifique de quatre petites stations. La mise en place d'un r�seau de stations d'observation � la surface d'une plan�te est indispensable pour effectuer des �tudes dans des domaines aussi complexes que l'�tude du climat (m�t�orologie) ou l'analyse de la structure interne d'une plan�te (sondage sismique et magn�tique, g�od�sie). Dans ces domaines, il est fondamental de recevoir simultan�ment des informations depuis un grand nombre de r�gions diff�rentes.

Les r�sultats scientifiques qui peuvent �tre collect�s par ce type de r�seau sont consid�rables et l'id�e de r�seau scientifique ne date pas d'hier (projets Mesur, Marsnet et InterMars Net). Elle figurait par exemple d�j� dans un document publi� par l'ESA en 1989, mais elle n'avait encore jamais �t� mise en �uvre. Rappelons que les deux sondes Viking qui s'�taient pos�es � la surface de la plan�te rouge ont travaill� de mani�re ind�pendante. La mission Deep Space 2 constitue un pr�curseur d'une mission de type "r�seau", mais avec NetLander, ce sera la premi�re fois que l'on d�posera sur Mars plusieurs stations qui travailleront pendant une p�riode de temps suffisamment importante pour amasser d'int�ressants r�sultats scientifiques. Il n'est cependant pas exclu que le r�seau NetLander soit rejoint et agrandi par le l�cher d'un certain nombre de p�n�trateurs bas�s sur le concept de Deep Space 2, dans le cadre des fameuses micromissions !

Dans le meilleur des cas, un r�seau de ce type doit �tre international, de mani�re � optimiser les r�sultats scientifiques, � r�duire les d�penses et � �viter les doublons technologiques ou scientifiques. C'est le cas avec NetLander, qui r�unit 80 scientifiques de 14 pays europ�ens diff�rents, sans compter la participation am�ricaine.

Le casse t�te du nombre de stations !

Quand on demande aux scientifiques le nombre de stations n�cessaires pour un tel r�seau, la r�ponse est en g�n�ral toujours la m�me : le plus possible ! Le choix du nombre de stations d�pend en fait d'un compromis entre les d�sirs des scientifiques et les contraintes habituelles des activit�s spatiales (co�t et poids).

En sismologie, pour localiser avec pr�cision un s�isme par triangulation, trois stations au minimum sont n�cessaires. On retrouve ce minimum quand on souhaite d�terminer l'axe de rotation de la plan�te et ses param�tres (g�od�sie) ou mesurer les variations horizontales du champ magn�tique d'une surface plan�taire au cours du temps (magn�tisme). En ajoutant un exemplaire de secours (histoire qu'une station d�fectueuse ne vienne pas compromettre l'ensemble de la mission), on tombe sur un minimum de 4 stations. Du point de vue m�t�orologique il y a moins de contraintes sur le nombre minimum de stations. Plus il y en a, mieux s'est. Le nombre de quatre est un peu faible pour r�aliser une couverture m�t�orologique de qualit�, mais avec les r�sultats fournis par d'autres sondes (Mars Express, micromissions), nul doute que la mission NetLander laissera sa trace dans l'histoire de l'�tude du climat martien.

D'un autre c�t�, on peut se demander pourquoi on doit se contenter ici du minimum requis pour les �tudes scientifiques. Malheureusement, m�me avec un co�t r�current plus faible que celui de la mission d'origine (les stations construites ult�rieurement co�teront moins chers que les premiers exemplaires), la fus�e qui lancera les NetLander ne permettra sans doute pas l'emport de modules suppl�mentaires. Les stations NetLander seront donc au nombre de quatre, pas une de plus, pas une de moins !

La mission

La mission NetLander avait d'abord �t� envisag�e dans le cadre de la mission Mars Express (2003). Elle a ensuite �t� int�gr�e au vaste et ambitieux programme franco-am�ricain de retour d'�chantillons, dont le planning a �t� s�rieusement compromis suite � la perte cons�cutive de Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander. Il a ensuite �t� question de les envoyer vers Mars avec la mission MASTER de l'ESA, qui n'a pas �t� retenue. Les Netlander devaient ensuite �tre lanc�s en 2009 avec le prototype de l'orbiteur fran�ais impliqu� dans la mission de retour d'�chantillons du programme international d'exploration de Mars. Depuis le retrait de la France et la remise � une date non d�termin�e du retour d'�chantillons, les petites sondes Netlander se retrouvent sans vaisseau porteur et leur avenir est bien sombre. Pour la suite de ce dossier, nous supposerons que les Netlander ont trouv� une place � bord d'un orbiteur ...

Les stations NetLander voyagent sur le dos d'un l'orbiteur. Pendant la phase de croisi�re, les stations transmettent les donn�es de t�l�m�trie � l'orbiteur via un cordon ombilical. Celles-ci arrivent ensuite au centre de contr�le de l'orbiteur sur Terre.

10 � 30 jours avant l'arriv�e sur Mars, les NetLander sont tous �ject�s, selon une s�quence qui d�pend de leur site d'atterrissage respectif. Le m�canisme d'�jection imprime � chaque station un mouvement tournant, de mani�re � les stabiliser. Apr�s cette s�paration et jusqu'� l'atterrissage, chaque station est autonome.

Les modules arrivent sur Mars sur une trajectoire d'entr�e balistique. L'entr�e atmosph�rique se produit � 120 km d'altitude, � une vitesse de 6 km/s. Les modules sont prot�g�s d'une trop forte �l�vation de temp�rature par un bouclier thermique, dont les frottements avec l'atmosph�re servent aussi � diminuer la vitesse de descente. Lorsque celle-ci est suffisamment basse, chaque station peut d�ployer successivement ses deux parachutes. Le premier a pour fonction de stabiliser l'engin pendant la descente, et le deuxi�me va servir � faire passer la vitesse verticale de la sonde en dessous des 25 m/s. Un peu avant le contact avec la surface martienne, deux airbags sont brusquement gonfl�s autour des NetLander. Ils serviront, comme dans le cas de Pathfinder, � amortir l'impact avec le sol martien. Les NetLander vont rebondir de nombreuses fois avant de s'immobiliser d�finitivement. Les airbags sont alors �ject�s et le d�ploiement proprement dit peut commencer.

Le module de surface ouvre ses p�tales, d�ploie son antenne de communication et quelques-uns de ses instruments scientifiques gr�ce � deux m�ts qui supportent la cam�ra panoramique, la station m�t�orologique, le magn�tom�tre et le capteur de champ �lectrique. Les s�ismom�tres, contrairement � ceux des sondes Viking, ne resteront pas fix�s sur la plate-forme, histoire d'�viter certains d�sagr�ments. Ils seront au contraire d�solidaris�s de la petite station et abandonn�s directement sur le sol, tout en �tant prot�g�s des rigueurs de l'environnement martien par la masse de la station elle-m�me.

Les trois p�tales du module de surface portent sur leur face interne des panneaux solaires qui vont servir � l'alimentation �lectrique de la station et � la recharge des batteries pour les op�rations de nuit. La temp�rature est r�gul�e � l'int�rieur de l'atterrisseur par le sous syst�me de contr�le thermique. Celui-ci est aid� dans sa tache par une solide isolation thermique et une unit� de chauffage radioisotopique qui servira de source de chaleur au cas ou la quantit� de courant fourni par les panneaux solaires tombe en dessous du minimum requis.

Les NetLander communiqueront avec la Terre gr�ce � une antenne UHF en utilisant l'orbiteur comme relais. Cette sonde emporte effectivement avec elle un relais radio qui doit permettre les communications radios avec les quatre stations NetLander. Notons que le syst�me radio est �galement mis � contribution par l'exp�rience de g�od�sie. La composante orbitale de cette exp�rience est donc fournie par l'orbiteur.

Les petites stations seront �parpill�es � 2000 ou 3000 kilom�tres les unes des autres. L'une des stations atterrira sans doute dans l'h�misph�re sud (Hellas Planitia), tandis que les trois autres se poseront dans l'h�misph�re nord, vraisemblablement � proximit� du d�me de Tharsis. Le crat�re Gusev, qui pr�sente un int�r�t certain pour la recherche d'une �ventuelle vie martienne, sera peut �tre aussi l'un des sites d'atterrissage. Les stations devront fonctionner pendant une ann�e martienne (soit deux ann�es terrestres) � la surface de Mars.

Les stations NetLander

NetLander est un vaste projet europ�en, et la France va y participer activement. NetLander va �tre d�velopp� par le Centre National d'Etudes Spatiales en France (CNES) et un certain nombre de partenaires europ�ens : l'Institut Meteorologique Finlandais (FMI), l'Agence Spatiale Allemande (DLR), la Belgique et la Suisse (via le programme PRODEX de l'ESA). Les Etats-Unis (JPL) participaient aussi � la mission par l'interm�diaire du programme Discovery, mais ils ont d�cid� de mettre fin � leur coop�ration d�but 2003. Le CNES a la responsabilit� du projet d'un point de vue global, ainsi que du d�veloppement du syst�me permettant l'entr�e atmosph�rique, la descente et l'atterrissage des petites stations (EDL, Entry, Descent, Landing). Les modules de surface sont sous la charge du FMI, et la plate-forme est �tudi�e par la DLR. La charge scientifique est d�velopp�e par plusieurs instituts dont l'Italie, la Belgique, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Suisse, l'Angleterre, le Danemark et l'Autriche.

Les modules vont s'appuyer sur les r�sultats fournis par la capsule de rentr�e atmosph�rique de l'A�rospatiale (Atmospheric Reentry Demonstrator, ARD). Le poids total des quatre NetLander est de 210 kg. Chaque sonde p�se 47,5 kg (dont 30 kg pour le syst�me permettant l'entr�e, la descente et l'atterrissage et 17,5 kg pour le module de surface, qui mesure 47 centim�tres de diam�tre non d�ploy�). Le m�canisme d'�jection mont� sur l'orbiteur p�sera quant � lui 5 kg. La charge utile repr�sente 4,5 kg. Elle va permettre d'aborder quatre grands domaines (la g�ophysique, la g�ologie, l'atmosph�re et l'ionosph�re), le plus souvent gr�ce � une approche multiparam�trique (confrontation de donn�es provenant d'instruments diff�rents). Parmi les instruments qui la composent, on trouve : 

  • Une station m�t�orologique compl�te pour mesurer la pression, la temp�rature, l'humidit� atmosph�rique, la densit� optique, la vitesse des vents ainsi que leur direction (ATMIS, Finlande, Italie, France, Angleterre).
  • Un capteur de champ �lectrique, pour la mesure de la conductivit� �lectrique de l'atmosph�re et des champs �lectriques qu'elle h�berge (ELF, France).
  • Un radar (GPR, Ground Penetrating Radar, France) pour la d�tection de poches de glace et d'eau dans le sous-sol.
  • Un magn�tom�tre trois axes pour l'�tude des champs magn�tiques, de l'ionosph�re et de la d�tection de r�servoirs d'eau ou de glace dans le sous-sol martien (MAG ou MAGNET, Danemark, Autriche, France).
  • Une cam�ra panoramique st�r�o multispectrale (PANCAM, France et Allemagne) pour les �tudes g�ologiques, morphologiques et min�ralogiques.
  • Deux seismom�tres (1 seismom�tre tr�s large bande 2 axes et 1 seismom�tre courte p�riode 3 axes) pour �tudier les tremblements de Mars et localiser des r�servoirs d'eau ou de glace dans le sous-sol (SEIS, France, Suisse).
  • Un syst�me radio (UHF et bande S) pour les communications avec l'orbiteur et l'exp�rience de G�od�sie (NEIGE, NetLander Ionosphere and Geodesy Experiment, France, Belgique), qui comprend aussi l'exp�rience TEC (Total Electron Content).
  • L'exp�rimentation SPICE (Allemagne) qui devrait permettre d'�tudier les propri�t�s thermiques du sol en mesurant la temp�rature � l'aide de nombreux capteurs (plac�s au contact de la surface ou implant�s en de nombreux points de l'atterrisseur).
  • Un microphone (MIC, Planetary Society) similaire � celui embarqu� sur la sonde Mars Polar Lander. Cet instrument est fourni par la Planetary Society, qui voit l� une excellente occasion de faire revoler son exp�rience, m�me s'il faudra cette fois-ci en fournir 4 exemplaires.

Objectifs scientifiques

L'objectif des stations NetLander est d'�tudier la structure interne de Mars, de localiser des r�servoirs d'eau ou de glace dans le sous-sol martien sur quelques kilom�tres de profondeur, de d�terminer la min�ralogie et les processus d'alt�ration au niveau des sites d'atterrissage et enfin d'effectuer des mesures atmosph�riques (�tude de la couche limite, de la circulation globale, de l'ionosph�re, des ph�nom�nes �lectriques, de l'interaction surface/atmosph�re). Pour r�pondre � ces diff�rents points, de nombreux instruments scientifiques vont fonctionner de concert.

D�tection de glace et d'eau dans le sous-sol martien

Si le radar qui �quipe la sonde Mars Express permettra de d�tecter le toit du permafrost, les stations NetLander vont se livrer � une recherche de r�servoirs d'eau ou de glace enfouis assez profond�ment sous la surface. Un sondage �lectromagn�tique gr�ce au radar GPR permettra de rechercher des poches d'eau ou de glace jusqu'� 2 km de profondeur et de d�terminer la fronti�re entre la glace et l'eau (dans les r�gions de latitude moyenne cette zone de transition devrait �tre � port�e du radar). Ce sondage nous donnera aussi les premi�res informations sur la structure du sous-sol martien. Le sismom�tre courte p�riode (les ondes sismiques connaissent une variation de leur vitesse quand elles traversent des milieux comme l'eau ou la glace) et le magn�tom�tre rechercheront aussi de l'eau ou de la glace � plus grande profondeur (jusqu'� 8 km). NetLander va en fait s'appuyer sur des techniques de prospection p�troli�re (sondage actif et passif) pour localiser d'�ventuelles nappes d'eau liquide sous la surface. La prospection des ressources extraterrestres commence avec cette mission !

Les images obtenues depuis l'orbite martienne par les cam�ras des orbiteurs permettront de relier la g�omorphologie des sites d'atterrissage avec les caract�ristiques du perg�lisol. Les crat�res d'impact pr�sentant des �jecta lob�s permettent d'avoir une id�e de la profondeur du perg�lisol lors de leur formation il y a plusieurs milliards d'ann�es. En comparant cette valeur avec la valeur actuelle obtenue par les stations NetLander, nous pourrons d�terminer la diff�rence de niveau du permafrost, donc le taux de sublimation de la glace et peut �tre m�me la porosit� du sol.

G�od�sie

La g�od�sie est l'�tude de la forme g�n�rale d'une plan�te, de ses dimensions, de son champ de pesanteur (par gravim�trie) et des causes qui le d�terminent. L'�tude g�od�sique de Mars va permettre de d�terminer tr�s pr�cis�ment les variations tr�s fines de la dur�e du jour. Effectivement, en hiver, quand le CO2 atmosph�rique se condense sur les calottes polaires, les p�les s'alourdissent et la plan�te tourne moins vite sur elle-m�me ! Bien s�r, cette variation est infinit�simale et elle se chiffre en centi�mes de seconde. Il n'emp�che qu'en la mesurant, on aura acc�s � des param�tres tr�s int�ressants concernant la structure interne de Mars (propri�t�s du noyau par exemple).

L'�tude g�od�sique (NEIGE, NetLander Ionosphere and Geodesy Experiment) va utiliser le syst�me radio en permettant � l'orbiteur de conna�tre avec une tr�s grande pr�cision la position des petites stations au sol. Le syst�me radio est aussi mis en �uvre au sein de l'exp�rience TEC (qui fait partie int�grante de l'exp�rience NEIGE). Cette exp�rimentation a pour objectif de d�terminer le contenu �lectronique total de l'ionosph�re. L'ionosph�re alt�re les signaux radios (d�calage de phase) transmis entre les stations et un orbiteur. Pour avoir acc�s au contenu �lectronique total de l'ionosph�re, il faut r�aliser des mesures avec des signaux radios de fr�quences diff�rentes (ici, on utilise les bandes UHF et S). La bande UHF sert pour les transmissions radios et la bande S pour la g�od�sie, car elle permet d'�liminer l'effet de l'ionosph�re.

Tremblements martiens et activit� sismique

Malgr� l'absence quasi certaine d'une tectonique des plaques active sur Mars, les seismom�tres devraient pouvoir enregistrer des tremblements martiens gr�ce aux �v�nements sismiques fourni par le refroidissement thermo �lastique de la plan�te (on esp�re environ 100 tremblements de magnitude sup�rieure � 3,8 et 20 tremblements de magnitude sup�rieure � 4,5 pendant la p�riode d'activit� des stations). Les impacts de m�t�orites pourraient constituer la deuxi�me source d'activit� sismique sur Mars. Les informations qui seront recueillies lors de ses tremblements seront essentielles pour l'�tude de l'int�rieur de la plan�te. Les ondes sismiques �mises naturellement vont servir � r�aliser une v�ritable �chographie de l'int�rieur plan�taire, car elles ne se propagent pas � la m�me vitesse suivant la composition et la nature du milieu travers�. La diff�rence dans leur vitesse de propagation permettra donc de dresser une carte des variations de la composition chimique de l'int�rieur de la plan�te (on voit que ce ne sont pas les tremblements en eux-m�mes qui sont int�ressants, mais les informations qu'ils vont permettre d'acqu�rir). Les stations NetLander seront �galement capables de quantifier l'influence de l'atmosph�re et les ph�nom�nes de mar�es produits par le Soleil et la plus proche des lunes martiennes, Phobos.

Structure interne

Le seismom�tre tr�s large bande, le magn�tom�tre et l'exp�rience de g�od�sie vont servir � �tudier l'int�rieur de la plan�te rouge, en particulier la taille du noyau, son �tat (liquide ou solide), la composition chimique du manteau et sa structure. Nous aurons ainsi acc�s aux vitesses de propagation des ondes sismiques, � la conductivit� et � la densit� des diff�rentes couches qui composent Mars. C'est le seul moyen de p�n�trer en profondeur � l'int�rieur de Mars. Effectivement, les analyses des m�t�orites SNC et celles qui seront effectu�es sur les �chantillons ramen�s par les engins de la mission de retour d'�chantillons ne fourniront que des indications sur la composition chimique des enveloppes superficielles de la plan�te rouge.

Ces mesures seront compl�t�es par des exp�riences in-situ r�alis�es dans des laboratoires terrestres. Les chercheurs commenceront � m�langer ensemble diff�rents min�raux, avant de soumettre la mixture obtenue � diff�rentes temp�ratures et pressions. En modifiant diff�rents param�tres (min�raux en pr�sence, temp�rature, pression), ils chercheront � reproduire les valeurs mesur�es sur Mars (densit�, conductivit�, vitesse de propagation des ondes sismiques).

De la composition des corps du syst�me solaire, nous ne connaissons que celle de la Terre, de la Lune et de certains ast�ro�des. La connaissance de la composition chimique d'une autre plan�te tellurique telle que Mars (par l'interm�diaire de la structure interne, qui refl�te assez bien la composition chimique) serait un avantage certain pour progresser dans notre compr�hension de la formation du syst�me solaire.

Quand nous conna�trons parfaitement la structure interne de Mars, nous pourrons en d�duire un inventaire des mat�riaux qui ont �t� utilis�s lors de sa formation. L'�tape suivante sera de comparer ces donn�es avec celles de la Terre et de mettre sur pied une th�orie de la formation des deux plan�tes, qui puisse rendre compte des points communs et des diff�rences observ�es pour ses deux corps. Cette th�orie devra de plus s'inscrire dans celle plus g�n�rale de la formation du syst�me solaire. Elle devra expliquer et tenir compte de nombreux param�tres, comme la distance qui existe entre Mars et la Terre par rapport au Soleil, la nature des mat�riaux accr�t�s, leur �tat (oxyd� ou r�duit), la nature de l'atmosph�re d�gaz�e, le r�le des substances volatiles (eau, CO2), l'�volution du rapport Fer/Silicate. De nombreux mod�les th�oriques sont d�j� en place. Ils n'attendent plus que les r�sultats des stations NetLander pour �tre contraints !

Etude de l'atmosph�re

Les �tudes m�t�orologiques men�es sur chaque site (pression, temp�rature, humidit�, vitesse et direction des vents) seront compl�t�es par une mesure de l'opacit� de l'atmosph�re et un examen de son champ �lectrique, que l'on soup�onne d'�tre assez important. Ce champ pourrait jouer un r�le majeur dans les m�canismes de transport des particules poussi�reuses qui sont � l'origine des fameuses temp�tes de poussi�re. Combin� avec le magn�tom�tre, le syst�me radio fournira aussi des indications sur la structure et la dynamique de l'ionosph�re, cette couche bien particuli�re de l'atmosph�re martienne. Comme pour l'�tude de la structure interne, les mesures m�t�orologiques seront confront�es � des mod�les num�riques de la circulation atmosph�rique globale qui tourneront sur des ordinateurs terrestres.

G�ologie et min�ralogie

La cam�ra panoramique st�r�o fournira des renseignements sur la g�ologie et la morphologie des sites d'atterrissage, sur la taille, la forme, la texture des roches et du sol. Si cette cam�ra est similaire � celle de Pathfinder, la mission NetLander aura cependant l'avantage du nombre de sites d'atterrissage : on pourra en d�couvrir quatre en une seule fois ! La cam�ra permettra aussi de mener � bien une �tude min�ralogique gr�ce � ses capacit�s multispectrales dans le domaine infrarouge. Le magn�tom�tre fournira des informations tr�s int�ressantes sur la magn�tisation des terrains aux alentours du site d'atterrissage.

Remerciements :

Un grand merci � Philippe Lognonn�, coordinateur scientifique fran�ais de NetLander (IPGP) et � Olivier Marsal, chef de projet NetLander au CNES pour les renseignements qu'il m'ont fourni ainsi que pour leurs encouragements (notez que les informations de cette page n'engagent en aucun cas ces personnes. Je suis le seul responsable des erreurs et inexactitudes qui auraient pu s'y glisser). A mon tour de souhaiter bon courage � toute l'�quipe technique et scientifique de cette mission originale et prometteuse. Longue vie � NetLander !

Pour en savoir plus :

Go ! La structure interne de Mars : informations g�n�rales et r�sultats fournis par Pathfinder.
Go ! La mission Deep Space 2.
Go ! Les micromissions, en particulier le projet Pascal.
Go ! Liste de liens concernant NetLander (page de bibliographie).

Le concept du r�seau

La mise en place d'un r�seau d'observation plan�taire n�cessite l'envoi simultan� d'un grand nombre de sondes (entre dix et quinze) � la surface de Mars. Ces sondes pourraient �ventuellement �tre lanc�es � partir d'un seul vaisseau m�re (Cr�dit photo : droits r�serv�s).

Netlander

Le vaisseau m�re du projet NetLander fonce vers son objectif, la plan�te Mars. On distingue les quatre petites stations dispos�es en croix, � l'arri�re du vaisseau. Chacune sera largu�e s�par�ment et atterrira sur un site diff�rent. D'apr�s le film dont cette image est tir�e, les sondes atterriront sur Amazonis Planitia, Arcadia Planitia, Chryse Planitia et Hellas Planitia. Trois des quatre stations devraient donc former un triangle �quilat�ral dans l'h�misph�re nord, alors que la derni�re se retrouverait isol�e au niveau du bassin d'Hellas dans l'h�misph�re sud. (Cr�dit Photo : FMI, Finnish Meteorological Institute).

Netlander

Une petite station descend vers la surface de Mars, en utilisant les frottements de l'air sur un bouclier thermique de 90 centim�tres de diam�tre pour ralentir (Cr�dit Photo : FMI, Finnish Meteorological Institute).

Netlander

L'atterrissage passif des NetLander aura lieu gr�ce � un ballon protecteur (airbag) selon une technique mise au point dans les ann�es 1960 pour les sondes Luna et employ�e plus r�cemment pour Pathfinder. L'entr�e dans l'atmosph�re est suivie du d�ploiement de deux parachutes, de l'�jection du bouclier thermique, du largage de la sonde au bout de sa bride et finalement du gonflage des deux ballons protecteurs avant l'arriv�e au sol. L'airbag mesurera 110 centim�tres de diam�tre (Cr�dit Photo : FMI, Finnish Meteorological Institute).

Netlander

L'arriv�e au sol sera brutale (la vitesse sera de l'ordre de 70 km/h), et les airbags devront jouer leur r�le pour prot�ger les pr�cieuses stations. Chaque NetLander effectuera plusieurs rebonds avant de s'immobiliser d�finitivement, les premiers pouvant d�passer plusieurs dizaines de m�tres (Cr�dit Photo : FMI, Finnish Meteorological Institute).

Netlander

Une fois le choc de l'atterrissage pass�, chaque petite station d�termine son orientation avant de s'ouvrir comme les p�tales d'une fleur. Le m�canisme d'ouverture permet de replacer si n�cessaire la station dans la bonne position. Les panneaux solaires sont dispos�s sur chaque p�tale. La partie blanche, � gauche, est une relique de l'airbag qui a servi � amortir le choc avec la surface (Cr�dit Photo : FMI, Finnish Meteorological Institute).

Netlander

La derni�re �tape de l'atterrissage consiste � d�ployer les instruments scientifiques : d'abord la cam�ra panoramique sur son m�t, et ensuite les capteurs m�t�orologiques. Puis survient l'op�ration la plus d�licate : le d�couplage des sismom�tres de la masse de la station et leur d�pose sur le sol martien. L'image ci-dessus montre une station compl�tement d�ploy�e, montrant la cam�ra panoramique sur son m�t de 70 centim�tres de haut et le m�t m�t�orologique, qui comporte aussi le magn�tom�tre et le capteur de champ �lectrique (Cr�dit Photo : FMI, Finnish Meteorological Institute).

Etude du sous sol

Le radar est un superbe instrument pour �tudier le sous-sol d'une r�gion. En envoyant des ondes �lectromagn�tiques et en analysant l'�cho provenant des interfaces des diff�rentes couches de mat�riaux aux propri�t�s �lectriques diff�rentes, on peut cartographier le sous-sol. Par exemple, une couche de terrain riche en glace ne renvoie pas les signaux radios de la m�me mani�re qu'une couche de sol satur� d'eau. Ici, la photographie montre les donn�es brutes recueillies par un radar sur une profondeur de 6 m�tres, au cours de l'exp�dition Haughton. On observe une longue ligne qui repr�sente le sommet du permafrost. La couche de glace est plus importante pr�s de la falaise (cliff wall, � gauche). Le radar des stations NetLander fournira des images similaires � celle-ci (Cr�dit photo : droits r�serv�s).

Contribution instrumentale sur NetLander

La contribution instrumentale sur NetLander. Cliquez sur l'image pour l'agrandir (Cr�dit photo : CNES IPGP).

 

Labrot � 1997-2026. Derni�re mise � jour : 11 janvier 2001. Des commentaires, corrections ou remarques ? N'h�sitez pas, �crivez moi!

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