Bonjour à tous et merci de me lire.
J’ai commencé cette newsletter pour vous partager cette série qui explore comment concilier croissance business et éthique dans l'e-commerce.
Commençons par une question : avez-vous déjà acheté quelque chose que vous ne vouliez pas vraiment ?
Cette robe en promotion qui traîne encore dans votre placard, cet appareil "révolutionnaire" qui vous semblait indispensable à 3h du matin, ou cet abonnement que vous oubliez constamment de résilier.
C’est surement le cas, mais vous êtes vous déjà demandé comment cela était-il arrivé exactement ? Manipulation ? Envie impulsive, vrai besoin ? C’est ce que vous allez découvrir lors de cette serie.
L'e-commerce en quelques chiffres
En Belgique, nous avons dépensé 16,3 milliards d'euros en ligne en 2023, soit 26,8% de l'ensemble des ventes de détail. Le nombre de boutiques en ligne a bondi de 10,5% cette même année.
À l'échelle européenne, les chiffres sont tout aussi impressionnants : 887 milliards d'euros dépensés en ligne en 2023, avec des prévisions de croissance de 8% pour 2024.
Derrière ces chiffres se cache une réalité moins reluisante : nous achetons plus, plus vite, et surtout beaucoup de choses dont nous n'avons pas besoin. Beaucoup diabolisent l'e-commerce ; en effet, couplé au marketing, il serait la cause de nombreux problèmes environnementaux et sociétaux d'aujourd'hui.
Est-ce l'outil le problème ou ce que l'on en fait ?
L'e-commerce n'a pas inventé la plupart des stratégies commerciales que l'on voit en ligne. Les magasins physiques les utilisent depuis des décennies :
Les bonbons placés à hauteur d'enfant
Les parcours imposés (hello IKEA et ses flèches bleues)
Les cartes de fidélité qui traquent vos données
L'éclairage, les odeurs et la musique pour influencer vos comportements
Les produits de mauvaise qualité, parfois, venus de l'autre bout du monde
La différence ? L'e-commerce a démultiplié ces techniques avec une précision chirurgicale.
Là où un vendeur en magasin vous observait, essayait de vous convaincre, l'e-commerce vous suit partout :
Il connaît vos habitudes, vos envies, vos moments de vulnérabilité. Il sait que vous craquez plus facilement le dimanche soir ou après une journée difficile.
Une saturation professionnelle
Mais au juste, pourquoi vous parler de tout cela ?
Si vous me découvrez par cette série, je travaille dans le marketing digital depuis plus de 10 ans. J'ai démarré par l'UX, le webdesign et le branding, pour ensuite me spécialiser en création d’e-commerce.
Je ne pouvais passer à coté du Growth Marketing, qui a explosé ces dernières années. Mon quotidien ? Aider des entreprises à optimiser leur parcours client, analyser les données, tester des stratégies pour "convertir" plus et mieux.
Au début, c'était stimulant. Puis, petit à petit, une forme de saturation s'est installée.
Le déclic ? Voir défiler sur mes réseaux constamment ces formations promettant "100 000€ par mois grâce au dropshipping", ou "Comment vendre 3x plus grâce à cette technique incroyable". En veille constante, j'ai vu des marques ultra inspirantes mais aussi de (trop) nombreux produits dont personne n'avait vraiment besoin.
J'ai eu le sentiment de faire partie d’une course effrénée à la croissance à tout prix, sans fond mais avec beaucoup de forme.
Et que ce système ne comptait pas s'arrêter là.
L’ “Uber-isation" des nos business
Aujourd'hui, le modèle entrepreneurial dominant s'inspire d'Uber, Airbnb, Netflix : croissance rapide, scalabilité extrême, disruption des marchés traditionnels.
L'objectif n'est plus de construire une entreprise stable et durable, mais d'atteindre une valorisation astronomique en temps record.
Les conséquences?
Une dépendance à la publicité agressive
Des entreprises qui perdent leurs valeurs initiales en cours de route
Un marché inondé de produits dont personne n'a réellement besoin
Des équipes sous pression constante et un turnover énorme
Certaines entreprises s'en sortent très bien ! Et tant mieux. Elles sont souvent portées par un produit à forte valeur ajoutée, ont investis dans une image de marque solide ou dans la construction d'une communauté.
Pour beaucoup d'autres, la réalité est plus fragile : elles survivent artificiellement grâce à des ventes stimulées par une acquisition payante et des codes promos. La marge s'effrite très rapidement pour laisser une trop grosse place à la dépendance marketing.
Ce qui entraîne... roulement de tambour…, une surconsommation qui explose. Et avec elle, son cortège de conséquences écologiques : multiplication des emballages, explosion du transport international, accélération de l'obsolescence programmée (sans parler de l’aspect sociétal).
Est-ce la faute du marketing, de l'e-commerce ou du capitalisme ? Le résultat est le même: nous inondons nos garde-robes de produits dont nous n'avons pas besoin, nos maisons d'accessoires qu'on ne sait plus réparer et d'abonnements numériques opaques sur la gestion de nos données.
Ce que vous découvrirez dans cette série
Part 2 : Dark patterns et biais cognitifs : le système de manipulation
Part 3 : Le vrai coût environnemental de l'e-commerce (chiffres à l'appui)
Part 4 : Les avantages business concrets du design éthique (avec ROI mesurable)
Part 5 : Études de cas : Patagonia, Fairphone, Asphalte... quand l'éthique devient profitable
À la fin de ces 5 articles, je vous aurai partagé des outils pour construire un e-commerce qui :
Réduit vos coûts opérationnels (retours, service client, compensation carbone)
Génère une fidélisation client 60% plus rentable que la concurrence
Vous protège des risques réglementaires croissants (amendes jusqu'à 1,5M€)
Crée un avantage concurrentiel durable basé sur la confiance
Parce qu'un e-commerce éthique n'est pas un e-commerce moins performant. C'est un e-commerce plus résilient.

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