Chers lecteurs,
Cette semaine je ne suis pas beaucoup sorti. Je devais m’occuper des enfants seul. J’ai reçu le livre de Sei Shōnagon dont je parlais la semaine dernière.
C'est une si grande écrivaine. Son livre est une liste de listes, poétique et pragmatique, hypersensible à l'esthétique, aux humeurs, aux saisons, à la vie sociale. Elle part en digressions sur des choses apparemment sans rapport, jusqu'à ce qu'on réalise que tout est lié. Sa sophistication est élégamment cachée sous sa prose désinvolte. C'est du Japon médiéval, et ça ressemble à quelque chose qu'on pourrait lire en ligne. Quel trésor. J'aurais adoré faire son portrait.
J'utilisais une focale de 35mm depuis des mois, mais cette semaine je suis revenu au 50mm que j'ai utilisé pour la majeure partie de mon travail. Je n'utilise presque jamais rien de plus court que le 35, ni de plus long que le 50. La différence entre les deux ne semble pas grande, mais pour moi c'est tout un rapport différent au monde, au contexte, à l'échelle des choses. Je retouche rarement mes photos au-delà d'un léger recadrage, mais l'utilisation de la génération IA m'a donné envie de ne rien changer du tout, de montrer les photos telles qu'elles sont vraiment.
Qu'est-ce qui est bruyant, kitsch, et propose des sensations vomitives à prix d'or ?
La fête foraine, bien sûr, celle qui revient une fois par an ! J'y ai emmené les enfants. Le principe est le même qu'avec les casinos : on sait combien on est prêt à perdre, et on part exactement quand on l'a dépensé (je ne vais jamais dans les casinos).
Une fois à l'intérieur, c'est une agression des sens. Les couleurs vives, criardes, agressives, et la musique tonitruante. On a le sentiment d'être ailleurs, coupé de la vie ordinaire. Ce n'est qu'en levant les yeux qu'on aperçoit le contraste avec la ville en arrière-plan.
Je comprends tout à fait le lien avec les histoires d’horreur, les fêtes foraines sont toujours un peu inquiétantes, et il y a aussi cette période de l’année qui mène à la Toussaint et à Halloween. Le pire, c’est qu’il y a effectivement une histoire effrayante à raconter sur celle-là, qui s’est passée l’année dernière. Il faudra attendre la semaine prochaine au moins.
La nuit est vite tombée, et il était temps de rentrer.
On marchait dans les petites rues labyrinthiques.
À côté de la porte du cimetière.
Le lendemain, nous avons marché près d'un château.
Et quelque part sur le chemin du retour, au bord de la route, nous avons découvert un coin de fleurs, miraculeusement intact et en pleine floraison, probablement grâce à la chaleur qu'on avait eue jusque-là. Ces belles couleurs naturelles m'ont apaisé.
Ce matin j’ai remarqué que le chauffage était allumé dans certains bâtiments.

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