“Apprends à t’aimer.”
“Tu ne peux pas te verser dans la tasse des autres si la tienne est vide.”
“La relation la plus importante, c’est celle que tu as avec toi-même.”
Ces phrases ont quelque chose de vrai.
Et elles sont devenues le fond sonore permanent d’un développement personnel qui a transformé quelque chose de profond et de difficile en injonction de surface.
Voilà le problème.
“Aime-toi” est une destination. Ce n’est pas une méthode.
Dire à quelqu’un “apprends à t’aimer” sans lui donner les outils pour le faire, c’est comme dire “guéris” à quelqu’un de malade. L’intention est bonne. L’utilité est proche de zéro.
Et dans certains cas, c’est pire que ça.
Parce que la femme qui ne s’aime pas, qui porte depuis des années une relation difficile avec elle-même, qui se parle d’une façon qu’elle ne tolérerait jamais de la part de quelqu’un d’autre, quand on lui dit “aime-toi”, elle entend surtout : tu ne te fais pas encore assez confiance. Tu n’es pas encore assez avancée dans ton travail sur toi.
Une injonction de plus.
Une chose de plus dans laquelle elle échoue.
Ce que le dev perso de surface confond, c’est s’aimer et se connaître.
S’aimer sans se connaître, c’est de l’affirmation positive récitée dans un miroir. Ça peut se faire. Ça ne change pas grand-chose en profondeur.
Se connaître, vraiment, avec ses zones d’ombre, ses contradictions, les parties de soi qu’on n’a jamais osé regarder en face, ça c’est autre chose.
Ce n’est pas plus confortable. C’est souvent moins confortable.
Mais c’est réel. Et c’est à partir de là que quelque chose change, pas parce qu’on a décidé de s’aimer, mais parce qu’on a commencé à se rencontrer vraiment.
La self-love n’est pas un état qu’on atteint.
C’est une pratique. Imparfaite, discontinue, qui demande du courage. Pas de la bienveillance de surface.
Et elle commence par se regarder en face. Pas par se complimenter.
Cassandre

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